Penser après les cours...!

Article " Paix" de l’Encyclopédie (prolongement du devoir 1S1)

Par cyberblaise - publié le dimanche 28 mars 2010 à 12:44 dans argumentation

Article "Guerre" du dictionnaire philosophique de Voltaire (1S1)

Par cyberblaise - publié le dimanche 28 mars 2010 à 12:25 dans argumentation

 Vous pouvez réviser la méthode pas à pas du commentaire, en prolongement du devoir donné sur ce lien:

 

  http://www.etudes-litteraires.com/exemple-commentaire-compose.php

 

Un autre commentaire avec des entrées stylistiques:

http://membres.multimania.fr/francaisaubac/docs/html/lem10_voltaire_guerre.htm

 

Répondant à l’ambition des Lumières de recenser la totalité des connaissances, le dictionnaire offre un support commode à la diffusion des idées et permet, en outre, de tromper la surveillance de la censure par la diversité et les pièges de ses « entrées ». Ce fut l’outil privilégié de la pensée au XVIIIe siècle.

L’origine du Dictionnaire philosophique remonte au séjour que Voltaire fit à Postdam, en 1752. Dans l’esprit d’incroyance qui régnait alors dans l’entourage de Frédéric II, chaque convive devait contribuer par des articles à la réfutation de l’Ancien et du Nouveau Testament. Voltaire se retrouva bientôt seul à composer ce dictionnaire qui passait la religion au crible de la rationalité. Ouvrage critique à l’origine, le Dictionnaire devint instrument de combat par l’addition d’articles défendant les valeurs de progrès, de justice et de tolérance.

Voltaire affirmait clairement la vocation pédagogique de son abrégé des Lumières en intitulant l’ouvrage : Dictionnaire philosophique portatif ou dans l’édition de 1769, La Raison par alphabet. Quant à la charge subversive des idées, elle se manifesta tragiquement : le 1er juillet 1766, lorsqu’on exécute à Abbeville le chevalier de La Barre pour un acte d’impiété, on brûle avec lui un exemplaire du Dictionnaire philosophique. Effrayé par un simulacre qui le touchait de si près, Voltaire eut bientôt la conviction que le jeune homme avait été condamné pour ses « mauvaises lectures ». Ce témoignage d’obscurantisme et de barbarie le consterna, mais renforça l’ardeur de son combat.

 

 

Tout ce que vous vouliez savoir sur Zola.

Par cyberblaise - publié le samedi 27 mars 2010 à 12:00 dans argumentation

Sur ce site consacré à l’écrivain naturaliste, vous pourrez découvrir beaucoup de renseignements sur sa vie et son euvre.

Sa devise "Nulla die sine linea" signifie "pas une journée sans avoir écrit une ligne".

http://emilezola.free.fr/menu.htm

 

Zola au Panthéon: une biographie avec une iconographie intéressante: allez en 1890 pour voir l’affiche publicitaire de la Bête Humaine.

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Dreyfus/zola_biographie.asp

 

Une lecture à haute voix de la Bête Humaine en ligne:

http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/zola-emile-la-bete-humaine.html

 

 

 

En savoir plus sur la notion de conte, une invite à lire Micromégas de VoltaiRE

Par cyberblaise - publié le lundi 22 mars 2010 à 14:55 dans argumentation

CNED enseignement en ligne.

Le conte

Le conte est un sous-genre du genre narratif (ce qui ne signifie pas qu’il est un genre mineur mais une sous-catégorie du roman). Longtemps présenté de façon orale dans des époques et des pays différents, il présente des constantes indépendantes de son lieu d’origine. Frappés par ces ressemblances inexplicables, puisque les collectivités qui le pratiquaient n’avaient pas de contacts entre elles, plusieurs chercheurs se sont penchés sur sa composition. Nous ne vous donnerons que les grandes directions qui ont permis de définir le conte en le différenciant de la nouvelle, distinction relativement récente.

Pour mémoire, nous vous rappelons qu’au XIXe siècle, la distinction ne se faisait pas encore.

Le conte, c’est la magie du verbe, la magie de la parole. C’est aussi un récit populaire romanesque ou d’aventures, ancré dans le folklore et les traditions, le plus souvent plaisant, qui met en scène des personnages merveilleux, c’est-à-dire dont les caractéristiques diffèrent de celles des humains. Le lieu et le temps ne sont pas identifiables. L’action se déroule selon un schéma narratif qui obéit à des règles précises. Le héros se trouve en général dans une « situation initiale » dont la stabilité est interrompue par un « élément perturbateur » : dans le cas de Micromégas, cet élément perturbateur correspond à son bannissement de la cour, qui le contraint au départ. En effet, le plus sou vent, jeune, le héros doit partir pour une quête qui lui assurera la maturité. Il devra subir des épreuves dont le nombre est souvent

mythique1. Il sera aidé par des adjuvants et agressé par des opposants. Les catégories d’épreuves et de dénouements ont été également répertoriées.

La visée du conte est morale et doit permettre aux personnes de la collectivité de trouver une explication (plus ou moins rationnelle) à leurs interrogations, ou de comprendre les origines et les règles dominantes de la société dans laquelle elles vivent. Cette portée morale encourage malgré tout à l’action et non à la passivité et au fatalisme.

Le conte est un genre littéraire très ancien. Les contes les plus célèbres (hormis les contes de fées que vous connaissez tous) écrits avant le XVIIIe siècle sont :

Le Décaméron, de Bocace (1313-1375) que le metteur en scène italien Pasolini a porté à l’écran dans les années soixante-dix.

L’Heptaméron, de Marguerite de Na var re (1492-1549), recueil de contes suivi d’un dé bat sur la  moralité des récits.

Les Contes de La Fontaine, 1674.

Le premier souci du conte est de plaire à l’auditoire afin de mieux l’influencer par la suite. Le modèle du genre reste Les Mille et une nuits.

 

B Le conte philosophique

Il présente au départ les caractéristiques du conte traditionnel, mais s’en éloigne bien vite pour devenir une catégorie à part. C’est Voltaire qui l’a inauguré et il n’a pas eu une descendance très nombreuse.

Avant de définir ce sous-genre particulier, il conviendrait de préciser l’adjectif philosophi -que. Il reste étroitement lié au substantif philosophe. De même, nous vous conseillons de lire avec attention les pages 22 à 27 et 134, 135 de l’édition Larousse que nous vous avons conseillée pour Micromégas.

Rappelons simplement que la philosophie au XVIIIe siècle prend un sens nouveau : elle devient une branche du savoir qui pose les fondements des valeurs morales et organise les con naissances en un système cohérent. Il ne faut sur tout pas oublier, que la philosophie a toujours été, jusqu’à nos jours et en Occident, dirigée et contrôlée par l’église chrétienne. Ain si, au XVIIIe siècle, tous les philosophes, y compris les plus libertins, ne pouvaient raisonner sans Dieu.

Le conte philosophique prend appui sur les données du conte et les détourne au profit de la satire.

Ainsi, les différents épisodes de Micromégas mettent en valeur la capacité de réflexion et l’in telligence du hé ros. Les personnages sont souvent de haut rang ou ont de hautes capacités in tellectuelles afin de permettre une réflexion philosophique. Le déroulement traditionnel du conte peut être détourné de façon caricaturale ou de façon plus subtile. L’humour et l’ironie restent les registres privilégiés. La chronologie classique du conte n’est pas respectée car l’ob jectif principal est l’apparition de situations à portée philosophique et non pas un modèle d’ini tiation pour fin d’enfance. C’est ainsi que le récit se voit « parasité » par des événements sociaux, culturels ou politiques facilement reconnaissables, au détriment de la règle d’atemporalité mais au profit de la satire*.

Cette forme de conte défend une thèse et développe une leçon philosophique. Forme satirique, elle tend vers une fonction didactique ancrée dans la réalité de l’époque d’écriture ; cependant, les problèmes traités gardant souvent une portée universelle, ces écrits peuvent traverser facilement les siècles. La critique n’épargne personne et la forme du conte per met théoriquement d’éviter une censure directe.

Pour tant, leur portée est si visible, que Voltaire dut les renier.

 

C Le conte voltairien

Les contes de Voltaire sont aujourd’hui la partie la plus connue et la plus appréciée de son œuvre. Ce ne fut pas le cas de son vivant car ce genre n’était pas considéré comme un genre sérieux. Le philosophe les a reniés, du moins officiellement, les traitant de fadaises, de facéties et même de petites coîonneries. Privilégiant les écrits sérieux (théâtre), il ne s’y est essayé qu’en fin de carrière. Mais cette forme littéraire se prête bien à l’humour et à l’ironie. Sa forme brève privilégie l’essentiel et renforce le mordant de la satire tout en prêtant à réflexion. Ces contes reprennent les thèmes qui ont dominé son existence et ses écrits : le mensonge, l’hypocrisie, l’injustice, l’intolérance et le fanatisme. Ils reprennent

la portée morale et philosophique dont nous avons parlé dans le paragraphe précédent et allient finesse et fantaisie à une critique décapante. Jean Labesse, dans l’étude déjà citée, propose une classification des contes de Voltaire :

– Les contes-romans ou contes majeurs avec : Zadig, Micromégas, Candide, L’Ingénu.

Ils ont la composition des créations romanesques traditionnelles et leurs personnages donnent leur nom à l’œuvre (on parle alors d’œuvre éponyme). Ces quatre contes dénoncent les défauts humains, la vanité, l’ambition, la duplicité, mais aussi le mensonge individuel ou collectif.

– Le conte allégorique avec : Petite digression ; Éloge historique de la raison ; Aventures de la mémoire.

Les héros des aventures sont des abstractions personnifiées.

– Le conte oriental avec La Princesse de Babylone, Le Noir et le Blanc, etc.

Ils obéissent avant tout à la mode de l’Orient.

– Le conte philosophique et moral avec : Jeannot et Colin, Aventure indienne ; etc.

– Les contes atypiques, avec Pot-pourri ; L’homme aux quarante écus ; Histoire des voyages de Scarmentado.

Maîtrise du sujet et de l’action, observation et création, procédés de la tradition orale afin de mieux captiver le lecteur, style alerte et tranchant, humour, ironie, effets de contraste et rupture de construction, mélange de ton sérieux et plaisant, de réflexions métaphysiques et d’observations concrètes, registre parfois poétique, Voltaire manie tous les procédés possibles avec une dextérité qui explique sans doute la longévité de ses créations. Sans oublier pour autant la philosophie avec une dominante pessimiste mais non désespérée. Ses héros restent lucides mais n’abandonnent pas, se contentant du « meilleur des mondes possibles ».4

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Les interprétations psychologiques des contes de fée: Le Petit Chaperon Rouge

Par cyberblaise - publié le lundi 22 mars 2010 à 14:19 dans argumentation

Dans le prolongement de notre réflexion sur la dissertation du bac blanc et sur la fonction des contes, récits destinés ou non à des enfants, voici les interprétations du conte Le Petit Chaperon Rouge.

 

 

Le conte, les versions et les analyses

CONTE :

N.M. (de conter) : récit, souvent assez court, de faits, d’aventures imaginaires. (Le Petit

Larousse 2010)

Le conte fait partie de la grande famille du récit, dont la narration est rigoureusement

construite : situation initiale – événement perturbateur – péripéties – dénouement – situation finale. D’un point de vue linguistique, c’est un type d’énoncé relatant des faits présentés comme passés, et marqué par l’emploi de la troisième personne, ainsi que celui du passé simple et de l’imparfait. Ainsi, le conte se situe dans l’intemporel. Il appartient à un passé indéterminé, et en général lointain, d’où les expressions telles que « Il était une fois... », « Il y a bien longtemps... », ou encore « En ce temps-là... ».

Le conte se situe dans un monde sans cadres géographiques précis. En général, les contextes sont soit des paysages typiques tels que la forêt, la montagne, la savane etc..., soit des lieux de fantaisie (la ferme de Delphine et Marinette, des Contes du chat perché).

 

Le Petit Chaperon rouge

Le Petit Chaperon rouge est à l’origine un conte de la tradition populaire. Il connait de nombreuses versions au cours de l’histoire et des sociétés. Il est classé dans les contes d’avertissement (=recommande de suivre certains comportements ou met en garde sur les conséquences de certains actes) et contient à la base des thèmes ayant trait à la sexualité, à la violence et au cannibalisme.

En Europe, on retrouve la trace de cette histoire dans la tradition orale, sous différentes versions, antérieures au 17ème siècle. Dans ces versions, le conte oppose, dans une convention toute médiévale, l’univers sûr du village aux dangers de la forêt. C’est d’ailleurs du Moyen Âge que le Petit Chaperon tient sa couleur rouge : en effet, les trois couleurs dominantes à cette époque sont le rouge, le blanc et le noir. Le loup est noir, le beurre est blanc, l’héroïne doit être rouge.

Les paysans français racontent cette histoire dès le 11ème siècle. Une des versions orales du conte, la plus connue, est l’une des plus sanglantes : le Loup, arrivé chez la Mère-grand, la dévore en en gardant toutefois un peu de côté, et prend sa place. La petite fille arrive et, ne se doutant de rien, obéit à la fausse grand-mère lui disant de manger un peu de viande et de boire un peu de vin, en fait la chair et le sang de l’aïeule.

Dans la version italienne de La Finta Nonna (La Fausse Grand-mère), la petite fille l’emporte sur le loup grâce à sa propre ruse, sans l’aide d’un homme ou d’une femme plus âgée. Le personnage d’un chasseur est ajouté ultérieurement. Son intervention relègue l’héroïne dans un rôle plus passif. Certains y voient la volonté de maintenir les femmes « à leur place », dépendantes de l’aide d’un homme fort.

 

Les versions de Charles Perrault et des Frères Grimm

La plus ancienne version retranscrite et figée est celle de Charles Perrault, parue dans Les Contes de ma Mère l’Oye en 1697.

Charles Perrault est né le 12 janvier 1628 à Paris et est mort le 16 mai 1703. Homme de lettres français, il est célèbre pour ses Contes de ma mère l’Oye, issus de la tradition orale française.

Sa version du Petit Chaperon rouge est plus moralisatrice que celles qui suivront, comme l’atteste la présence à la fin du récit d’un court texte de mise en garde adressé aux jeunes filles :

On voit ici que de jeunes enfants,

Surtout de jeunes filles

Belles, bien faites, et gentilles

Font très mal d’écouter toute sorte de gens,

Et que ce n’est pas chose étrange,

S’il en est tant que le loup mange.

Je dis le loup, car tous les loups

Ne sont pas de la même sorte;

Il en est d’une humeur accorte,

Sans bruit, sans fiel et sans courroux,

Qui privés, complaisants et doux,

Suivent les jeunes Demoiselles

Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles; [...]

(Contes, Charles Perrault, Edition présentée, établie et annotée par Jean-Pierre

Collinet, Paris, Gallimard, p. 145.)

 

Il épure son récit des scènes les plus crues des versions campagnardes, pour en accentuer la fonction de mise en garde. Son héroïne est une jeune fille bien élevée, la plus jolie du village, qui court à sa perte en donnant au loup qu’elle rencontre dans la forêt les indications nécessaires pour trouver la maison de sa grand-mère. Le loup mange la vieille dame en se cachant des bûcherons qui travaillent dans la forêt voisine. Il tend ensuite un piège au Petit Chaperon rouge et finit par la manger. L’histoire se termine donc sur la victoire du loup. Pas de fin heureuse pour l’héroïne, la morale de Perrault est sans appel !

 

En 1800, Ludwig Tieck, homme de théâtre allemand du 19ème siècle, introduit la figure du chasseur sauveur lorsqu’il met en scène le conte sous le titre Mort et vie du Petit chaperon rouge.

Au 19ème siècle, les Frères Grimm (deux linguistes, philologues et collecteurs de contes de langue allemande : Jacob Grimm (4 janvier 1785 - 20 septembre 1863) et Wilhelm Grimm (24 février 1786 - 16 décembre 1859)), rapportent deux versions distinctes du Petit Chaperon rouge : la première par Jeanette Hassenpflug (1791–1860) et la seconde par Marie Hassenpflug (1788–1856). Les deux frères firent de la première version l’histoire principale et de la seconde une suite. L’histoire de Rotkäppchen (La Capuche Rouge) est éditée dans la première édition de leur collection Kinder- und Hausmärchen (Contes des Enfants et du Foyer, 1812).

Ils l’adaptent en épurant encore d’avantage le récit et en évacuant certaines connotations sexuelles. La moralité est d’ailleurs ici dite par le Petit Chaperon rouge, et la fin est heureuse : la fillette et sa grand-mère sont sauvées par un chasseur qui suivait la piste du loup. La suite montre la fillette et sa grand-mère piégeant et tuant un autre loup, anticipant ses gestes grâce à l’expérience acquise au cours de la première histoire.

 

Les frères Grimm modifient l’histoire dans les éditions suivantes, jusqu’à atteindre la version la plus connue et la plus populaire dans l’édition de 1857. Cette version raconte l’histoire d’une petite fille qui traverse la forêt pour apporter un morceau de galette et une bouteille de vin à sa grand-mère. En chemin, la fillette fait la rencontre d’un loup, qui la piège à la fin et la dévore elle et sa grand-mère. Un chasseur vient néanmoins pour les sauver en ouvrant le ventre du Loup. Le Petit Chaperon rouge et sa grand-mère en sortent saines et sauves.

On ne compte plus les adaptations et les réécritures du Petit Chaperon Rouge. A noter parmi elles celle d’Henry Pourrat (Trésor des contes, 1952) qui reprend les éléments du conte traditionnellement mis de côtés par les derniers auteurs : cannibalisme et animisme.

A la fin du 19ème siècle, lors de la grande poussée de l’interprétation symbolique, plusieurs auteurs se sont intéressés à l’interprétation du Petit Chaperon rouge. Avec l’avènement de la psychanalyse, les interprétations sont de plus en plus corsées, et les contes perdent l’innocence de leur fonction première, destinés au préalable au jeune public.

Freud y voit dans le loup le masque de la figure paternelle : il se demande si le contenu caché n’est pas la peur que l’enfant éprouve à l’égard de son père.

C’est cependant Bruno Bettelheim qui propose l’interprétation psychanalytique la plus

populaire aujourd’hui :

Selon lui, les contes ont pour caractéristique de poser des problèmes existentiels en termes brefs et précis. L’enfant peut ainsi affronter ces problèmes dans leur forme essentielle, alors qu’une intrigue plus élaborée lui compliquerait les choses. Le conte simplifie toutes les situations.

Ses personnages sont nettement dessinés ; et les détails, à moins qu’ils ne soient très importants, sont laissés de côté. Tous les personnages correspondent à un type et n’ont rien d’unique. Le mal y est aussi répandu que la vertu. Dans pratiquement tous les contes, le bien et le mal sont matérialisés par des personnages et par leurs actions, de même qu’ils sont omniprésents dans la vie et que chaque homme a des penchants pour les deux. C’est ce dualisme qui pose le problème moral : l’homme doit lutter pour le résoudre.

Le mal est présenté avec tous ses attraits, et, souvent, il triomphe momentanément. De nombreux contes nous disent que l’usurpateur réussit pendant quelque temps à se tenir à la place qui appartient de droit au héros (comme les méchantes soeurs de Cendrillon ). Cependant, ce n’est pas seulement parce que le méchant est puni à la fin de l’histoire que les contes ont une portée morale : comme dans la vie, le châtiment, ou la peur qu’il inspire, n’a qu’un faible effet préventif contre le crime ; la conviction que le crime ne paie pas est beaucoup plus efficace, et c’est pourquoi les méchants des contes finissent toujours par perdre. Ce n’est pas le triomphe final de la vertu qui assure la moralité du conte mais le fait que l’enfant, séduit par le héros s’identifie avec lui à travers toutes ses épreuves. L’enfant accomplit tout seul cette identification, et les luttes intérieures et extérieures du héros impriment en lui le sens moral recherché.

Les personnages des contes ne sont pas ambivalents ; ils ne sont pas à la fois bons et méchants, comme nous le sommes tous dans la réalité. De même qu’une polarisation domine l’esprit de l’enfant, elle domine le conte : chaque personnage est bon ou méchant. Un frère est idiot, l’autre intelligent. Une soeur est vertueuse et active, les autres infâmes et indolentes. L’une est belle, les autres sont laides. L’un des parents est bon, l’autre méchant. Ce contraste des personnages permet à l’enfant de comprendre facilement leurs différences, ce qu’il serait incapable de faire aussi facilement si les protagonistes, comme dans la vie réelle, se présentaient avec toute leur complexité.

En cela, les contes exercent une fonction thérapeutique sur l’enfant : ils répondent de façon précise aux angoisses du jeune enfant.

Dans son ouvrage : La Psychanalyse des contes de fées, B. Bettelheim analyse le Petit Chaperon rouge comme tel : il symboliserait le personnage de la petite fille aux portes de la puberté, le choix de la couleur rouge du chaperon renvoyant au cycle menstruel, et donc à la sexualité.

Le village et la maison de la grand-mère sont des endroits sûrs, chemin entre l’enfance et l’âge adulte. Pour arriver à destination, il faut emprunter un chemin qui traverse une forêt, lieu de danger où rôde le grand méchant loup. La mère indique à la fille le chemin à suivre, le « droit chemin » et la met en garde contre les mauvaises rencontres. La fillette a une attitude ambiguë, puisque, faisant mine de se débarrasser du loup, elle lui donne en réalité toutes les indications pour que celui-ci trouve la grand-mère, et la mange… Arrivée à destination, la fillette voit bien que quelque chose ne va pas, (« Que vous avez de grandes dents ») mais finit tout de même dans le lit du loup. Ce dernier, présent dans d’autres contes comme prédateur (Le Petit Poucet), est ici la figure du prédateur sexuel.

L’analyse de Bruno Bettelheim repose cependant sur un conte tronqué. En effet, Charles Perrault fixe l’une des centaines de versions du Petit Chaperon rouge mais élimine des détails qui ne lui signifient rien alors qu’ils peuvent avoir une importance capitale dans l’analyse de l’histoire. Le Petit Chaperon rouge hésite entre les principes de plaisir et de réalité et ne prend conscience de ses obligations que lorsqu’elle ne tire plus de plaisir à sa flânerie dans les bois.

Plus tard, des analyses féministes verront aussi le jour, décelant dans ce conte « un reflet de la peur qu’ont les hommes de la sexualité féminine – ainsi que de la leur. »…

 

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Qu’est-ce qu’un philosophe des Lumières?

Par cyberblaise - publié le lundi 8 mars 2010 à 14:46 dans argumentation

Pour répondre de façon pertinente à cette question, lisez l’article "philosophe" de l’Encyclopédie, signé Dumarsais  et consultez ce lien:

http://www.bibliolettres.com/w/pages/page.php?id_page=242

 

ou celui-ci qui propose une explication linéaire du texte de Dumarsais:

http://www.matisse.lettres.free.fr/philosophes/ladumarsais.htm

 

Le mouvement des Lumières (réflexion sur leur actualité suite)

Par cyberblaise - publié le dimanche 7 mars 2010 à 14:07 dans argumentation

En cliquant sur ce lien http://www.imageimaginaire.com/noceseurope/spip.php?article49

vous pourrez lire les opinions de jeunes Européens sur l’actualité aujourd’hui de la pensée des Lumières. De quoi enrichir votre réflexion pour préparer l’entretien.

 

Autre article, l’interview d’un spécialiste Denis Roche dans l’Express:

http://www.lexpress.fr/informations/daniel-roche-les-lumieres-d-hier-font-les-debats-d-aujourd-hui_643152.html

 

Autre point de vue à propos de l’exposition déjà signalée sur le site de la BNF sur les Lumières:

http://www.hebdo.ch/diderot_rousseau_voltaire_montesquieu___pourquoi_les_22886_.html

Le mouvement littéraire et culturel des Lumières.

Par cyberblaise - publié le vendredi 5 mars 2010 à 14:15 dans argumentation
L comme lumière sur le site d’un lycée de Melun une approche à la fois littéraire, théâtrale, musicale et picturale: http://www.vinci-melun.org/spip.php?article213

Qu’est-ce que les lumières? Kant, "sapere aude"

Par cyberblaise - publié le mardi 23 février 2010 à 14:02 dans argumentation

http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=270

 

Sur ce lien, vous pouvez lire le texte en entier de Kant composé de 15 paragraphes. En cliquant sur les mots soulignés de pointillés, vous trouverez une explication pour les rendre encore plus clairs!

Vocabulaire de l’argumentation.

Par cyberblaise - publié le vendredi 5 février 2010 à 14:53 dans argumentation

Vocabulaire : Façons de nommer différents types de discours.

Allocution : discours familier et bref prononcé par une personnalité dans un contexte précis.

Speech : anglicisme évoquant une petite allocution de circonstances.

Laïus : appellation familière pour un discours moralisateur et un peu long.

1.       Défendre ou louer :

-           L’apologie (n.f.) est un discours visant à défendre, à justifier une personne, une doctrine ; antonyme : satire(n.f.)

-          Le compliment (n.m.) est un petit discours adressé à quelqu’un que l’on veut féliciter.

-          L’éloge (n.m ;) célèbre les qualités de quelqu’un, plus rarement de quelque chose.

-          L’oraison funèbre est prononcée dans un contexte religieux, lors des obsèques d’un personnage illustre.

-          Le panégyrique (n.m.) est un discours de louange de quelqu’un : il se distingue des deux précédents en ce qu’il ne comporte pas le moindre reproche et n’admet que l’admiration.

-          Le plaidoyer (n.m.) est au départ un discours juridique et devient, par extension de sens, la défense passionnée de quelqu’un, d’un groupe ou d’une idée.

-          Le toast (n .m .) est une proposition de boire à la santé de quelqu’un accompagnée d’un compliment, d’un petit discours en l’honneur de la personne en question.

 

2. Accuser ou reprocher :

 

 

-          -La catilinaire (n.f .) du nom de Catilina célèbre conjuré romain qui complota contre Cicéron, est une satire violente marquée par des propos hostiles.

-          La diatribe (n.f. ) est une critique amère et violente, un pamphlet dont le ton est injurieux.

-          La philippique (n.f.) du nom des discours de Démosthène qui dénonçait la politique hégémonique de Philippe de Macédoine, s’en prend violemment et particulièrement à une personne.

-          La harangue (n.f.) est un discours officiel prononcé devant une assemblée nombreuse dont le contenu vise à l’exhortation, à l’incitation à l’action et au courage.

-          Le réquisitoire (n.m.) est  au sens propre un terme juridique désignant le discours du ministère public contre l’accusé, puis devient au sens figuré, un discours par lequel on accuse quelqu’un en énumérant ses torts et ses fautes.

3. Prêcher

-L’homélie (n.f.) est le discours par lequel le célébrant de la messe commente le passage de l’Evangile qu’il vient de lire.

-Le prêche (n .m.) dans el culte protestant est le discours prononcé par le pasteur .

-La prédication ou le sermon est un discours prononcé en chaire sur un sujet religieux par un prédicateur en particulier catholique ; plus généralement le mot sermon désigne des propos moralisateurs et ennuyeux.

-Le prône est un discours religieux familier et plus bref que le sermon.

4. Apprendre ou informer.

-La conférence traite en public une question artistique, scientifique, historique, politique… dont l’orateur est un spécialiste ;

-La causerie est un type de conférence sans prétention, plus familier.

-L’exposé est un bref discours sur un sujet donné, en principe limité.

-Le topo désigne familièrement l’exposé sommaire d’une question.

 

 


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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