Penser après les cours...!

Critique de Nathan le Sage par Mattania Grousson, deuxième prix

Par cyberblaise - publié le dimanche 8 avril 2012 à 10:21 dans Nathan le Sage de Lessing

 « Un homme est d’abord un homme avant d’être juif, chrétien ou musulman. »

La lumière monte peu à peu sur la scène alors que les personnages, dont les pas retentissent sur la musique, font leur entrée et prennent place sur les chaises disposées sur le plateau…Début qui attise l’impatience du spectateur, qui accentue sa brûlante envie de découvrir le spectacle… Envie rapidement assouvie par les premières répliques de la pièce qui laisseront place à un flot d’émotion. Les comédiens nous inviteront alors à plonger entièrement dans l’humanité de cette pièce de théâtre et à découvrir les messages qu’elle déversera sur nous.

Nathan Le sage est une création de Bernard Bloch qui met en scène l’œuvre de Lessing, écrivain allemand du XVIIIème siècle. Cependant cette pièce ne manque pas d’actualité en nous livrant des personnages confrontés à une quête d’identité. Cette pièce aborde également et principalement le sujet de la tolérance entre les trois religions du livre et se fait représentante de la philosophie des Lumières du XVIIIème siècle : « Un homme est d’abord un homme avant d’être juif, chrétien ou musulman ». Cette idée constitue la branche centrale de la pièce sur laquelle s’articuleront les problèmes identitaires et les passions des personnages qui les amèneront à vaciller, à perdre leur assise.

L’histoire ? Nathan, un Juif, rentre de voyage, apprend que sa fille Recha a failli mourir dans l’incendie de sa maison. Failli seulement. Un templier, seul templier gracié par Saladin du fait de sa ressemblance avec l’un de ses frères disparu, l’a sauvée des flammes. Cependant ce chrétien refuse tout contact avec le Juif. Les relations entre juifs, musulmans et chrétiens évolueront et la pièce s’achèvera sur un désordre des idées, un renversement des certitudes et l’apparition de la vérité, nue, aussi nue que le sera la scène à l’entracte !

La mise en scène de Bernard Bloch est particulièrement intéressante. La quasi nudité de la scène (Huit chaises, un lustre, une sorte de trou noir au sol en jardin) peut au début décontenancer, cependant, on comprend rapidement que la mise en scène, loin de tout mimétisme, est hautement symbolique, comme les costumes par leur couleur. La présence du trou noir, qui n’a  aucune raison apparente, laisse le spectateur maître de son interprétation, en proie à une énigme.

Il faut également observer avec attention le jeu des acteurs qui est tout à fait remarquable, que ce soit dans la gestuelle, la voix, la diction du texte ou leur simple présence. Cette pièce mêle des acteurs de tous âges, ce qui amène fraîcheur et sagesse. La musique et les lumières contribuent au charme de l’étrange chorégraphie que composent les personnages lors de leurs déplacements, tout a sa place, tout se déroule comme sur du papier à musique, alors que la scène finale amènera les personnages au trouble, à une démarche  vacillante et finalement, fin surprenante mais admirable de par sa symbolique, les transformera en automates, en pièces d’échec, en pantins animés par des ficelles tenues par qui ? - le public imaginera…

                                                                       Mattania Grousson (2nde 8 Blaise Pascal)

 

Critique de Nathan le Sage par Gaelle Kamper premier prix du concours.

Par cyberblaise - publié le dimanche 8 avril 2012 à 10:19 dans Nathan le Sage de Lessing

Nathan le Sage, mis en scène par Bernard Bloch, un spectacle qui donne à penser.

Dès le début de la représentation, le spectateur est plongé dans un univers très intéressant et une mise en scène très réfléchie, qui l’oblige à se poser des questions et qui l’intrigue. En effet, sur le parquet  du plateau, composé de trois essences de bois différent, on remarque d’emblée une sorte de tapis circulaire noir. Mystère ! Il peut symboliser plusieurs choses : l’inconnu dont on s’approche avec prudence, qui nous attire et nous repousse à la fois, Dieu auquel sans arrêt certains personnages vont s’adresser. Difficile d’identifier un sens mais cela donne à penser, ce qui en soi est déjà stimulant. Voici une mise en scène qui rend le spectateur actif dès le début de la représentation. De plus, en regardant l’espace scénique, qui peut paraître extrêmement dépouillé, l’on sent qu’il va falloir faire attention à tous les détails : pourquoi hui chaises disposées en arc de cercle ? Pourquoi ce parquet en patchwork de trois couleurs différentes ? Pourquoi cette ombre menaçante d’un mobile suspendu ? Autant d’éléments intrigants et qui mettent en branle l’imagination.

Nul doute, c’est à une mise en scène créative et riche que nous allons assister pour cette pièce qui raconte l’histoire d’un juif, appelé Nathan, qui en rentrant de voyage apprend que sa fille Recha a été sauvée des flammes par un jeune templier, qui lui-même a été gracié par Saladin en raison d’une troublante ressemblance avec un frère disparu. De là découle toute la suite d’une histoire pleine de rebondissements, qui va amener ces trois hommes à se côtoyer, à se parler, à mettre de côté leurs divergences religieuses pour, au final, presque tous se retrouver réunis dans une même famille !

Les scènes et les actes sont très bien enchaînés, des changements de lumière faisant office de transitions à vue. Le jeu des acteurs est  très convaincant, avec une mention spéciale pour Jonas Marmy qui interprète un frère convers surprenant d’originalité. Nous avons particulièrement apprécié la symbolique de la parabole des trois anneaux que raconte Nathan à Saladin lorsqu’il lui demande laquelle des trois religions est la meilleure, parabole que Lessing emprunte à Boccace et qui est le moment de la pièce le plus attendu par le public averti. Nathan raconte alors l’histoire d’un père qui détenait un anneau transmis de père en fils, or lui en avait trois qu’il aimait de la même façon. Avant sa mort, pour ne pas faire de jaloux, il fit refaire deux bagues identiques à l’originale de telle sorte qu’il puisse donner un anneau à chacun de ses fils sans qu’il soit possible de discerner lequel était authentique. Dans la pièce, Lessing a rajouté un passage avec un juge sensé déterminer quelle bague était la vraie, mais qui finit par conseiller aux fils de se montrer tous les trois à la hauteur de l’amour de leur père et des vertus supposées à l’anneau authentique. La parabole est extraordinairement mise en scène : Nathan, au moment où il fait intervenir le juge, pénètre dans le cercle sombre que personne n’avait osé transgresser jusque là et que l’on contournait avec soin, la lumière projetée le magnifie et regardant vers le ciel, il dit que les trois religions sont égales et qu’on ne peut déterminer laquelle elle est la vraie autrement qu’à l’humanité dont font preuve les croyants pour se conformer aux vertus que chaque religion exige d’eux.

Cette pièce qui dure trois heures qu’on pourrait trouver longues, en réalité, nous a semblé trop courte. On ne voit pas le temps passer tant le spectacle est intéressant et bien joué. Tous les effets réunis font de la pièce un spectacle très vivant, riche de connaissances et de réflexions.

Gaelle Kamper ( 2nde 8 Blaise Pascal)

 

Projet Nathan Le Sage: le blog des lycéens de Sélestat.

Par cyberblaise - publié le lundi 26 mars 2012 à 14:50 dans Nathan le Sage de Lessing

Allez faire un tour sur le blog de vos camarades du lycée Koeberlé dont voici le lien:

  http://lekoebautheatre.canalblog.com/

Analyse de Nathan Le Sage (1ES2)

Par cyberblaise - publié le vendredi 2 mars 2012 à 14:03 dans Nathan le Sage de Lessing
 

Analyse de la représentation de Nathan Le Sage de Lessing dans la mise en scène de Bernard Bloch à la CDE en février 2012.

Reprise à partir des propositions de Solène Haag.

A. L’espace scénique et le décor :

Le plateau est cerné par de grands vélums verts peut-être pour évoquer l’islam dont c’est la couleur, Saladin étant le maître politique de Jérusalem, et le sol est fait d’un  parquet composé d’une marquèterie de trois essences de bois différentes qui peuvent représenter les trois religions en présence dans la pièce et l’intrication des lieux lui correspondant dans Jérusalem. Dans la pièce de Lessing, les didascalies prouvent que la maison de Nathan, le monastère du Patriarche et le palais de Saladin sont très proches les uns des autres. Ce que le spectateur remarque d’emblée c’est l’absence de pittoresque, de couleur locale et de réalisme, pas de volonté de représenter la vieille ville de Jérusalem, pas de palmiers !

C’est un espace presque nu avec  des chaises au fond en cour. Le spectateur est intrigué  par un curieux espace circulaire- un tapis ?- autour duquel les personnages viendront tourner, s’affronter. Cet espace circulaire représente un trou noir, uns sorte d’abyme selon les éclairages et il va jouer un grand rôle dans la mise en scène car il ne sera pénétré que par deux personnages.

Le premier est Nathan au moment où il raconte à Saladin la parabole des trois anneaux en réponse à la question sur  la vraie foi, mais Nathan n’y entre pas d’emblée, il y pénètre seulement au moment où il incarne le juge que Lessing a rajouté à la parabole de Boccace et qui transmet le véritable message de l’auteur allemand de l’Aufklärung : le père a aimé les trois fils : «  il est sûr qu’il vous a aimés tous trois, et également aimés, puisqu’il s’est refusé à en opprimer deux pour ne favoriser qu’un seul ! » et les fils doivent se montrer chacun à la hauteur des vertus prêtées à la pierre et de l’amour du père : « Que chacun de vous s’efforce à l’envie de manifester dans son anneau le pouvoir de la pierre ! Qu’il seconde ce pouvoir par sa douceur, sa tolérance cordiale, ses bienfaits et s’en remette à Dieu ! » La qualité du comportement humain des croyants fait alors le mérite de la religion qui est la sienne.

La mise en scène de ce moment est très belle avec des effets d’éclairage qui nimbent le juge dans l’anneau, une musique religieuse et la présence de tous les personnages formant demi cercle et figurant du coup sur le plateau le troisième anneau : premier demi cercle de chaises avec saladin, deuxième : l’anneau au sol avec Nathan, et troisième : le cercle des personnages.

 

Le deuxième personnage qui y pénètre est le Patriarche mais la lumière est toute différente. Le Patriarche ne respecte pas le cercle magique que tous les autres personnages abordaient avec attirance et répulsion à la fois, il y pénètre plusieurs fois, s’arroge le pouvoir d’allumer la lumière comme s’il se croyait tout puisant d’un clauqement de doigt, il est l’image du fanatique intolérant qui prononce sans scrupule des sentences de mort.

 

Lorsque les autres personnages circulent autour de l’espace, ce dernier semble sacré. Il peut représenter ce que chacun des personnages et les spectateurs y mettent : l’absolu, Dieu, les rêves les plus chers. Dans ses notes d’intentions, Bernard Bloch parle de la nécessité d’avoir un tourment commun pour pouvoir se parler, s’écouter, se respecter : le « trou » est en quelque sorte l’expression de ce vide, de ce manque, de ce tourment qui est au cœur de l’humanité quelque soit le nom que nous lui donnons.

 

L’espace scénique est transformé au cours de la représentation, un des rideaux se détache du décor (on aurait pu penser alors un problème technique) puis deux, puis trois, produisant un effet de surprise bienvenu. Le cadre de scène du théâtre de la Comédie de l’Est apparaît alors à nu, gris et fonctionnel. La vérité de l’absence de préséance de l’une des religions semble mettre à nu l’humanité des personnages, chacun se retrouve seul avec son propre mystère, sa propre quête.  Après  l’entracte,  le « trou » est comblé par l’amas de draperies qui pendaient autour de la scène dans la première partie et de gros sacs de trésors amoncelés ainsi qu’une chaise renversée. Il s’agit à nouveau pour le spectateur de proposer une interprétation.

 

Il n’y avait pas de séparation entre la scène et le public, ni de rideau ni de fosse. L’espace scénique se prolonge d’ailleurs dans la salle : Le derviche s’en va vers le Gange par la salle, Nathan arrive de voyage au début par la salle.

 

L’espace est à la fois dépouillé et spectaculaire, de part ce trou côté jardin dont on se demande ce qu’il représente, contrebalancé par l’ombre curieuse d’une sorte de roue, que l’on identifiera plus tard comme une sorte de lustre médiéval, seule concession à la figuration de l’époque des Croisades, puis par ces rideaux verts imposants.

 

L’espace donne matière à jeu aux comédiens qui circulent autour du « trou » sacré quand ils apparaissent dans la scène ou sont assis sur les chaises du fond ou en retrait en fond de scène. Le déplacement des chaises permettra d’ailleurs des changements de lieux et rythmeront le spectacle pour éviter la monotonie en utilisant toutes les lignes du plateau. Ces changements à vue produisent des effets de distanciation qui mettent en relief l’importance des idées échangées par les personnages et que tous écoutent en même temps que le public. Bernard Bloch dit avoir pensé à ce qui se passe dans certains parcs de Londres où des orateurs montent sur des objets pour haranguer les badauds lorsqu’ils veulent diffuser des idées. Ce procédé insiste sur la valorisation de l’écoute de l’Autre. « Tolérer » ce n’est pas supporter l’Autre en lui étant indifférent, c’est reconnaître que l’écoute de l’Autre est nécessaire à notre propre construction, que nous avons besoin des Autres pour être. Dans la première partie du spectacle, il y a une verticalité, une profondeur vers le haut et vers le bas qui disparaîtra dans la deuxième partie : les chaises sont renversées ou manquantes, on ne peut plus s’assoir comme si l’assise, l’identité vacillait ; certains personnages se couchent au sol, titubent dans le cercle comblé par les rideaux, tous courent autour du plateau à l’horizontal comme s’ils n’avaient plus de repères.

 

B. Les objets scéniques

Il y a différent objets scéniques : les huit chaises que nous avons évoquées autant qu’il y a de comédiens, autant qu’il y a de pièces d’échec, un échiquier qui peut symboliser l’ensemble de la pièce qui serait une sorte de partie d’échecs entre Nathan et Saladin, un lustre à huit bougies, une étoffe de Babylone, des sacs contenant des dinars, le portrait d’Assad qui permettra de vérifier la ressemblance entre le Templier et le frère de Saladin, le petit livre contenant des prières en arabe et la preuve de l’identité de Kurt et de Recha.

Les sacs contenant une quantité d’argent sont amenés par les esclaves (Mameluk) dans la deuxième partie et inscrivent concrètement sur le plateau la thématique de l’argent qui est capitale dans la pièce, Nathan et Saladin rivalisant de générosité, le petit livre que va donner le frère Lai à Nathan à la scène VI, puis l’étoffe qu’a apportée Nathan à Daja qui va elle même l’apporter à nouveau à la scène VI et qui témoigne de l’amour que Nathan porte à Daja ainsi que de la complexité de ce personnage féminin sensible aux marques de tendresse de celui qu’elle veut cependant quitter et trahit. Le portrait d’Assad et le petit livre sont nécessaires au dénouement car ils renferment la vérité de l’identité de chacun. Ils sont typiquement des objets scéniques de la comédie au XVIIIème siècle puisque souvent les pièces se terminent par des reconnaissances familiales qui résolvent tout, sauf que dans la mise en scène de Bernard Bloch, rien n’est résolu : la reconstitution de la famille est assez douloureuse, troublante. L’idylle amoureuse entre le Templier et la jeune Juive est contrariée.

Certains accessoires de costumes peuvent être considérés presque comme des objets scéniques car ils sont instruments de jeu comme le chapeau haut de forme du Derviche, les chaussures de Daja ou Recha.

 

C. La lumière

La lumière méditerranéenne, comme celle de Jérusalem, joue un rôle important à plusieurs moments, principalement pour dramatiser un moment comme quand le Templier coince le frère lai qui se cache derrière les rideaux à l’avant scène à l’extrême cour et caractériser une atmosphère comme les variations de lumière sur le « trou » symbolique. Parfois les personnages sont accompagnés de leur ombre comme s’ils étaient doubles.

Au début, l’ombre du lustre peut paraître inquiétante : roue qui écrase Nathan notamment, menace de torture, mais d’autres spectateurs y ont vu comme un astre donnant de la verticalité à l’espace ;

Lors de l’entracte, les rideaux se retrouvent à la place du trou, ainsi les comédiens éclairés voient leurs ombres projetées sur le mur, ce qui donnait à certains moments, un effet « supérieurinférieur », dominantdominé : en fonction de l’endroit où étaient les comédiens, certains paraissaient plus imposants du fait de leur grande ombre comparés à celle plus petite d’un autre.

 

D. Le son

Les musiques sont enregistrées pour la plupart et ne renvoient pas à un contexte orientalisant sauf au moment de la parabole où l’on entend un chœur orthodoxe, il s’agit de musique empruntée à Debussy. Elle ponctue l’action comme une musique de film, légère et jamais illustrative, notamment elle sert à la transition entre les scènes.

Seule musique produite au plateau, la chanson bulgare de Daja qui fait entendre la nostalgie du pays d’origine de la dame de compagnie, son caractère étranger au lieu où elle vit.

 

E. Les comédiens en scène

Au début de la pièce, Daja et Nathan sont les seuls à être dynamiques, les autres comédiens étant assis chacun sur une chaise. Tout au long de la représentation, chaque comédien est dynamique et entre en scène en s’élançant depuis la chaise ou le fond de scène sur le plateau, Des portes d’entrées n’apparaîtront que dans la deuxième partie, donnant au Palais de saladin une allure un peu inquiétante de labyrinthe. Le frère lai qui à la fois espionne et se cache passera quelques fois derrière les tentures vertes.

Les déplacements des comédiens sont extrêmement travaillés et pas naturels, il faut d’ailleurs que le spectateur s’y habitue. Ils peuvent illustrer la dimension dialectique de la pensée de chacun qui s’oppose à l’autre avant de découvrir un chemin de conciliation.

 

Le jeu n’exclut aucun contact physique par exemple entre Daja et Nathan lorsqu’ils s’embrassent  (même si elle met ses pouces devant la bouche) et se prennent dans les bras, et lorsque le Templier prend le Frère Lai à la gorge et manque le précipiter dans l’espace sacré ou quand saladin enlace Sittah sa sœur presqu’amoureusement. Il y a souvent des jeux de regards significatifs notamment entre Recha et Daja, Sittah et Le Sultan.

 

Les personnages sont caractérisés de la manière suivante :

- Le sultan  porte un costume qui évoque le début du XXème siècle : peignoir de velours vert ( couleur de l’islam) sur pyjama raffiné de soie, des sortes de pantoufles au pied, pas du tout le costume d’un Saladin conquérant et guerrier, plutôt un esthète retiré des affaires, replié chez lui, or Saladin est effectivement retiré des affaires politiques, préoccupé de sa fin, voulant être « mat », songeant plus à sa famille et à des questions existentielles.

- Daja  porte une robe bleue ( couleur des chrétiens dans la pièce) qui évoque une tenue du XVIIIème siècle ainsi que des chaussures à talons bleues également. Elle est sensible aux marques d’attention de Nathan, on comprend dès le début de la mise en scène de Bernard Bloch qu’elle vit une liaison amoureuse avec Nathan, le maître de maison. Elle est un personnage complexe, pas seulement une chrétienne caricaturale. Elle est tiraillée entre des exigences différentes, sa religion, sa nostalgie du pays natal, sa tendresse envers Nathan qui a été bonne pour elle. C’est l’une des richesses de la mise en scène de Bernard Bloch d’avoir évité de caricaturer Daja en bigote. La comédienne bulgare est d’ailleurs vive et expressive.

- Nathan porte un costume typique du XVIIIème siècle de couleur jaune avec un couvre-chef : la kippa pour les juifs pratiquants, le jaune symbolisant la richesse mais aussi la marque distinctive des Juifs, l’étoile jaune.

- Sittah  porte un ensemble violet qui lui donnait une silhouette mince, une posture droite et de la grâce dans ses mouvements, elle portait également plusieurs bracelets

- Le derviche porte un chapeau haut de forme, un costume brun du XXème siècle auquel on ne s’attend pas. Il flotte dans ses habits dont il change sans cesse.

- Le patriarche  porte un costume noir inquiétant et une canne.

- Recha  porte une robe jaune comme Nathan mais du XXème siècle. Pour certains spectateurs,  sa voix est exagérée et agaçante, trop enfantine mais elle évolue vers une plus grande maturité au fil de la pièce. Pour d’autres spectateurs, le timbre particulier de la voix de la comédienne donne à Recha l’innocence en même temps que la rationalité qu’elle doit à l’éducation de son père quand elle ne cède pas aux chimères de l’exaltation qu’elle doit plus à Daja.

- Le Templier est presque pied nu,il porte des sandales ainsi qu’une tunique bleu foncée ( Chrétien) munie d’une ceinture brune. Son costume évoque celui du croisé du Moyen Age même s’il est incomplet.

-Frère Lai  porte une croix de carton autours du cou et des habits troués plutôt du XXème siècle. Il crée vraiment la surprise d’autant plus que Jonas Marmy donne à son personnage une gestuelle qui fait penser à celle d’un autiste et qui illustre son malaise, lui qui est tiraillé entre sa foi sincère en Christ et les ordres violents du patriarche à qui il obéit mais qu’il désapprouve totalement.

- Les Mameluks de Saladin  portent une sorte de livrée jaune.

Les costumes traversent ainsi les époques (du 12ème siècle, époque de l’intrigue, à aujourd’hui, époque de notre représentation, en passant par le 18ème, époque de l’écriture de la pièce.)

Lorsque les acteurs ne parlent pas, ils se mettent sur une des chaises, ou alors s’assoient à même le sol. Ils forment eux-mêmes à un moment le mobilier de la scène du jeu d’échec entre saladin et Sittah.

La distribution est équilibrée entre tous les acteurs, j’ai cru voir un accident de jeu mais Nils Ohlund s’est récupéré.

 

G. La mise en scène globale

 

Lors de la première image du spectacle, Nathan et Daja sont les seuls dynamiques tandis que les autres sont assis. A la dernière image, l’intégralité des personnages sont dynamiques et bougent sur eux-mêmes, lumière tamisée, comme des sortes de pièces d’échecs animées.

Pour moi il y a deux scènes mémorables : dans l’acte II scène I lorsque j’ai vu la comédienne Sofia Teillet dans le rôle de Sittah. Lorsque j’ai lu le livre, ce personnage me paraissait terne « mort », tandis que lors de la représentation c’était le contraire, elle jouait ce personnage à merveille avec élégance et autorité.

 Puis la scène avec le frère Lai qui vient à la rencontre de Nathan pour lui révéler que l’écuyer qui lui a remis Recha des années auparavant est lui-même. A ce moment précis, ni l’homme chrétien et ni le juif n’existe. C’est l’une des plus belle scène de la pièce.

J’ai eu une impression de surprise, lorsque j’ai découvert le frère Lai. Mon préjugé sur les moines m’a bien joué un tour !

Le spectacle vise l’émotion car Lessing a écrit cette pièce parce qu’il n’avait plus le droit de défendre ses idées philosophiques au grand jour. Mais il avait toujours le droit d’écrire de la fiction, de faire de la poésie. Et cette contrainte lui a fait composer un chef-d’œuvre de suspense, d’humanité et de drôlerie parfois qui est, « Nathan le Sage ».

Le spectacle comporte une certaine énigme lié à l’espace scénique, à la façon dont Bernard Bloch a demandé aux comédiens de se déplacer, aux changements survenus après l’entracte. Le spectateur ets invité à se questionner beaucoup sur le sens de ces modifications.

 J’ai beaucoup médité les paroles de Bernard Bloch sur la notion de« tolérance »  qui est un mot ambigu. Aujourd’hui, « tolérer » la présence ou les idées de quelqu’un, suppose que « celui qui tolère » domine celui « qui est toléré ». Que ce soit sur le plan religieux, idéologique ou sur celui des origines, on « tolère » la différence de l’autre à condition qu’elle ne prenne pas trop de place. Alors que dans la pièce de Lessing, la tolérance est « active », elle suppose la nécessité du dialogue avec l’Autre. Dans la pièce de Lessing, Nathan, comme Saladin, comparent souvent l’habit à une simple « écorce » sous laquelle se cache la seule chose qui compte : l’être humain. Cette pièce n’est pas un catalogue de bons sentiments, elle est une affirmation énergique que la diversité des points de vue est le moteur du progrès humain (d’après Bernard Bloch).

 

H. La place et la réaction du public

Le public a ri a certains moments. Il a aussi réagi, notamment lorsqu’une partie du décor est tombée en pensant que c’était un problème technique. Il n’y a pas eu allusion à l’actualité explicite mais le public pouvait se sentir invité à la réflexion, puisque cette pièce traite du vivre ensemble, de l’acceptation de l’Autre qui nous rend plus humain. Elle prône une « tolérance active », l’ouverture à l’Autre, l’intelligence et la bonté sans jamais tomber dans l’impasse des bons sentiments, dont on sait à quel point ils ne suffisent pas à faire de bonnes pièces. Mais «Nathan le Sage » est aussi une comédie trépidante qui emporte le spectateur de surprises en surprises lorsqu’elle est mise en scène comme le fait Bernard Bloch. Même si presque toutes les scènes sont des disputes philosophiques et politiques sur fond de retournements et de révélations spectaculaires, les ingrédients de la comédie sont là: humour, suspense, idylles amoureuses, coups de théâtre.

 

Nathan Le sage: exposé sur les trois religions du livre (Mattania et Pierre)

Par cyberblaise - publié le mercredi 15 février 2012 à 11:49 dans Nathan le Sage de Lessing

 Voici un exposé très riche que malheureusement je n’ai pu mettre en ligne avec ses illustrations pour le moment.

 

I/ Présentation des religions.

Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes. Il trouve ses racines dans la foi de l’Ancien Testament et dans l’Alliance conclue par Dieu avec Abraham, (un patriarche = homme qui a eu des révélations) . Le peuple juif se considère comme la nation élue. Cette Alliance a été confirmée par Moïse qui a transmis la Loi aux Hébreux.

La foi judaïque s’appuie sur la Torah (les 5 livres de Moïse) qui est pour les juifs la base de leurs pratiques religieuses et sur l’Ancien Testament.

Certaines de leurs pratiques religieuses : la circoncision, ne pas manger de viandes de porcs etc...

 

Le christianisme est une branche du judaïsme. Jésus, un homme juif, a été reconnu comme le Messie par certains juifs qui fonderont la branche des chrétiens. Le reste des juifs attendent toujours leur Messie (sauveur).

Jésus est d’après les chrétiens le fils de Dieu et est venu dans le monde pour mettre fin à cette séparation de l’homme avec son créateur. C’est par sa mort sur la croix et sa résurrection qu’il a accompli cette œuvre de salut. La foi chrétienne s’appuie sur la Bible qui comprend l’Ancien testament des juifs et le « nouveau testament » qui raconte la vie de Jésus et se base sur l’amour de son prochain. Les chrétiens fêtent principalement Noël symbolisant la naissance de Jésus et la Pâque qui symbolise la résurrection du Christ. Certaines de leurs pratiques religieuses : la prière, la lecture de la Bible, le culte rendu à Dieu, la cène = « le repas du soir » dernier repas que Jésus-Christ a pris avec ses disciples, la veille de sa mort etc... Le christianisme se découpe en 3 branches principales ( catholiques, orthodoxes, protestants).

 

L’islam est né en 610 av. J.C et est la plus récente des religions monothéistes et affirme devoir remplacer le judaïsme et la foi chrétienne. Cette religion a été fondée par Mahomet ayant eu une révélation de l’ange Gabriel et se base sur le Coran qui est leur livre saint. Ce livre rassemble différentes révélations reçues par le prophète Mahomet. La foi islamique se base sur les 5 piliers de l’islam qui sont : confession de foi, la prière, le jeûne, l’impôt rituel et le pèlerinage à la Mecque. Certaines de leurs pratiques religieuses sont ne pas manger de porc, la circoncision et doivent manifester une entière soumission à Allah (Dieu).

 

II/Comparaison:

 

Toutes ces religions n’ont qu’un seul dieu. Elles sont donc toutes monothéistes. Pour elles, seul « dieu » connaît la « vérité ». Il la transmet aux êtres humains sous la forme de « textes sacrés » qui sont la base de l’enseignement. Pour toutes ces religions, Dieu est éternel c’est-à-dire sans début ni fin. Dans ses trois religions Dieu apparaît comme une puissance supérieure, invisible, qui influence la vie de l’homme.

Ces trois religions ont toutes les trois pour livre de référence l’Ancien testament, elles ont donc les mêmes patriarches : Abraham, Moïse, Noé…

Elles gardent toutes les trois, le "Dieu" créateur omniscient et omniprésent (père symbolique), un diable (garant des dogmes symbolisant le "mal" par excellence) et la promesse d’un au delà : Paradis ou Enfer.

Dans chacune de ces trois religions, l’Univers est crée par leurs dieux respectifs. (Allah et Yahvé).

Le judaïsme et le christianisme se ressemblent beaucoup. En effet, leur Dieu est le même.

III. Différences:

Pour les juifs et les chrétiens, tous les hommes naissent pécheurs suite au péché originel d’Adam et Ève, contrairement aux musulmans qui pensent que tous les hommes naissent purs.

Une autre différence se fait au niveau de la manière dont l’homme parvient au salut : pour les musulmans, le salut est espéré par les œuvres (respect des 5 piliers) mais la décision finale appartient à Allah.

Pour les chrétiens, le salut est obtenu en mettant Jésus-Christ au centre de sa vie.
Pour les juifs, le salut est espéré par les œuvres (accomplissement parfait de la loi).

Chaque religion possède un lieu de culte différent :

Judaïsme : Synagogue

 Christianisme : Église ou Temple 

Islam : Mosquée 

e 

 Leur conception du paradis est différent :

Islam : Le Paradis, lieu de plaisirs.
Christianisme : Le Paradis, lieu où l’on est en communion parfaite avec Dieu et avec les autres et où aucune souffrance ne vient nous troubler.
Judaïsme : Le Paradis, lieu où aucune souffrance ne vient nous troubler.

Leur conception de l’homme est différente :

Islam : Créature d’Allah, appelée à la soumission totale à Allah.
Christianisme : Créature à l’image de Dieu mais affectée par le mal. Appelé à retrouver une communion intime avec Dieu en plaçant sa foi en Jésus-Christ et en recevant ainsi le pardon de ses péchés. 
Judaïsme : Créature à l’image de Dieu mais tentée par le mal.

 

En conclusion : On constate que ces trois religions forment l’ensemble des religions du Livre et que malgré leurs différences au niveau de leurs rites et de leurs lieux de culte elles possèdent un noyau commun et se ressemblent du fait de leur monothéisme. Tout ne les oppose donc pas.

 

 

lettres aux comédiens qui jouent Nathan Le sage (4)

Par cyberblaise - publié le jeudi 9 février 2012 à 11:00 dans Nathan le Sage de Lessing

A Jonas Marmy

Jonas Marmy

 

Bonjour,

 

J’ai beaucoup aimé votre interprétation du frère Lai. En lisant la pièce, je ne l’avais pas du tout imaginée comme ça. J’étais plutôt partie dans la caricature du moine à moitié chauve, gros, en tunique brune cintrée à la taille par un lacet. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai découvert qu’il serait joué par un jeune acteur ! Mais une bonne surprise car, du coup, j’étais intriguée. Intriguée par la façon dont vous alliez jouer, le faire évoluer. Et le filage technique a répondu à mon attente.

Le frère Lai est torturé et durant la représentation, ce tiraillement entre les ordres du patriarche et sa propre pensée, était magnifiquement bien illustré, notamment par sa gestuelle. J’ai particulièrement apprécié la scène où le frère Lai vient à la rencontre de Nathan pour lui révéler que l’écuyer qui lui a remis Recha des années auparavant est lui-même. Il écoute son cœur, sa propre pensée et agit sans aucun ordre et lorsqu’ils se disent : « Nathan ! Vous êtes un Chrétien » et « Tant mieux ! Car ce qui me fait chrétien à vos yeux vous fait juif aux miens ! », il y a une atmosphère spéciale qui illustre à merveille la pensée directrice de Lessing : « Un homme est d’abord Homme avant d’être un chrétien, un juif ou un musulman ». A ce moment précis, il n’y a que deux hommes, l’un en face de l’autre, le chrétien s’est effacé, au même titre que le juif. C’est grâce à votre jeu magnifique que j’ai pu voir ces deux hommes, simplement hommes.

Je suis admiratrice de la façon dont vous avez interprété le frère Lai. En effet, c’est un personnage complexe du fait de sa « maladie mentale ». J’ai remarqué qu’il évitait et semblait peu apprécier le contact avec les autres, comme un autiste. (J’espère que je ne me suis pas trompée dans mon observation). En même temps, c’est lui qui débloque toute l’histoire en apportant le livre, il a donc un rôle très important. S’il n’avait pas apporté Recha à Nathan, l’histoire n’aurait pas eu lieu.

Je me souviens d’une question que vous avez posée lundi : « Est-ce que vous pensez que l’espace scénique changera ? » Maintenant je peux y répondre. Oui !! J’ai été assez surprise par les rideaux qui se décrochaient et je dois admettre qu’au premier rideau, j’ai cru que c’était un problème technique.

Vous êtes un jeune comédien, modeste et très talentueux. J’ai beaucoup aimé lorsque vous êtes venu nous voir au lycée. On ne rencontre pas un comédien tous les jours et c’était nous ouvrir une porte vers le théâtre, casser nos préjugés, nos fausses convictions, nous apprendre énormément de choses, notamment tout le travail effectué avant la représentation. C’était aussi nous montrer que les comédiens sont humains, et qu’ils aiment offrir. Le métier de comédien, je pense, se résume en ce verbe : offrir. Offrir ses interprétations au public, se donner pour les autres et cela en fait, un magnifique métier.

Merci d’être venu ! Merci pour votre gentillesse !

Un ENORME bravo pour cette interprétation !!

Grousson Mattania seconde 8 (2011-2012) lycée Blaise Pascal

 

 

Lettres aux comédiens qui jouent dans Nathan Le Sage (3)

Par cyberblaise - publié le jeudi 9 février 2012 à 10:59 dans Nathan le Sage de Lessing

A Philippe Dormoy qui joue Nathan,

 

A Philippe Dormoy,

Je m’adresse à vous pour tout d’abord vous remercier. Je vous remercie pour ces trois heures merveilleuses passées hier soir, 3 février 2012. Je vous remercie encore pour ce rôle de Nathan, magnifique de simplicité, de mesure et de contrôle de soi. Cette pièce de théâtre a remis en cause ma vision de la religion, moi qui croyais choisir la facilité en restant athée !

Depuis la lecture du texte jusqu’au filage technique, je n’avais jamais pensé trouver une vision aussi épurée de la religion à l’apparence simple mais pourtant bien complexe.

J’ai été épaté par votre façon de jouer Nathan, cette force qu’il puise non pas dans Dieu mais dans les valeurs humaines les plus primitives telles que l’honnêteté ou le respect, la tolérance.

Au fond Nathan, en étant  le plus éloigné du ciel est celui qui en détient la clé.

Encore merci pour cette prestation extraordinaire qui n’est pas due qu’à vous mais véritablement à cette troupe de talent.

Antoine

 

 

Lettres aux comédiens qui jouent Nathan Le Sage (2)

Par cyberblaise - publié le jeudi 9 février 2012 à 10:56 dans Nathan le Sage de Lessing

A Jonas Marmy qui joue le frère convers et qui est venu rencontré la classe de 2nde 8 deux fois.

 

Bonjour Jonas,

J’ai adoré votre jeu de scène, c’était remarquable. Votre jeu rend vraiment le frère convers très touchant, déjà lors du filage technique, le frère lai était un personnage qui a tout de suite attiré mon attention car au début de la pièce on a envie d’en savoir plus sur lui, sur ce qu’il pense, de savoir de quel côté il est. C’est aussi drôle car les tics dont souffre le frère convers le rendent plutôt comique, surtout le « dit le patriarche », jusqu’à ce que l’on comprenne pourquoi il est si étrange. Au départ, je m’attendais à voir le frère convers comme un personnage plutôt absent, une sorte d’ombre mais au fur et à mesure, on remarque que c’est le personnage le plus important dans la pièce.

Je ne suis pas mécontent d’avoir vu la pièce car elle est l’une des plus intéressantes que j’ai pu voir.

Mes salutations à vous et bonne continuation.

Raphael

Lettres aux comédiens de Nathan Le Sage dans la mise en scène de Bernard Bloch (1)

Par cyberblaise - publié le jeudi 9 février 2012 à 10:53 dans Nathan le Sage de Lessing

 A Sofia Teillet qui joue Sittah

              

Bonjour,

 

Lorsque j’ai lu la pièce pour la première fois, aucun des personnages ne m’a vraiment marquée. Sittah était singulière mais elle restait comme « morte » dans mon esprit. Hier soir, j’ai découvert une Sittah vivante et d’autant plus attachante. Je ne sais pourquoi j’ai été « attirée » par ce personnage... J’aimerais bien lui ressembler en quelques aspects.

L’habit de Sittah la sublimait. Une silhouette mince, élancée, une posture droite et de la grâce dans les mouvements : une vraie reine. Sittah est une femme qui est du côté de la bonté et de la raison. Elle n’est pas intéressée par les questions de religion, seulement préoccupée par l’amour de son frère. J’aurais aimé avoir un frère et être proche de lui comme l’est Sittah. Elle est curieuse et authentique (Recha le dit : « Elle est si entière, si naturelle, elle ne ressemble qu’à elle-même… ») Elle est unique et je pense que tout le monde aimerait être unique à sa façon.

Je trouve que vous avez interprété son personnage à merveille. En effet, si Sittah m’est apparue si vivante et si attachante c’est grâce à votre jeu. J’admire aussi la façon dont vous courez avec les escarpins ou marchez rapidement, les talons sont assez hauts et en tant que fille, je sais qu’il y a une certaine difficulté liée aux talons. J’ai tout aimé de Sittah ! La façon dont elle se déplaçait, sa voix, ses postures, ses gestes, ses répliques... J’aime beaucoup la première scène où elle apparaît, lorsqu’elle joue aux échecs avec Saladin. C’est une des scènes que je préfère mais je ne saurais expliquer pourquoi.

Les dernières scènes de la pièce sont particulièrement bien jouées. Les certitudes de Sittah se sont écroulées avec les rideaux, elle qui s’appuyait sur la raison, se retrouve perdue, émue, au milieu des rideaux maintenant à terre. Elle manque de tomber à un moment, il me semble. A travers votre jeu, j’ai pu ressentir ou du moins avoir une idée de son état émotionnel que je n’imaginais pas aussi troublé en lisant la pièce.

J’admire les comédiens ! Je trouve que c’est un magnifique métier qui se base sur le don, le don de soi pour les autres, le don d’un personnage. J’admire aussi cette capacité qu’ils ont à apprendre des scènes entières. J’ai eu l’occasion de jouer une scène de Phèdre l’année dernière, et c’était déjà tellement compliqué à retenir !! On pense souvent qu’être comédien est un métier facile mais j’ai pu découvrir, grâce au travail autour de « Nathan le Sage » et des différentes rencontres, qu’au contraire, c’est un métier complexe et qu’il faut posséder beaucoup de qualités pour le faire !

Merci d’avoir rendue Sittah vivante !

BRAVO pour cette si belle interprétation !

 

Grousson Mattania seconde 8 (2011-2012) lycée Blaise Pascal

 

Du Domaine des Murmures de Carole Martinez

Par cyberblaise - publié le dimanche 5 février 2012 à 18:08 dans Nathan le Sage de Lessing

Retrouver le monde du Moyen Age et des croisés dans le très bon roman de Carole Martinez Du Domaine des Murmures, Goncourt des lycéens 2011

http://ventdestventdouest.wordpress.com/2011/11/07/livre-du-domaine-des-murmures-de-carole-martinez/


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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