Descriptif des textes pour le bac (1ST2S1)
SÉQUENCE N° 1
«Les représentations de la peste dans le roman de Camus, une illustration de sa vision du monde ? »
Objet(s) d’étude : Le roman et le personnage : vision du monde et de l’homme.
Lectures analytiques :
§ Œuvre intégrale : la Peste de Camus.
Textes expliqués en classe :
1-Un nom mis sur la maladie : « C’était le temps, voilà tout (…) mais il semble bien que ce soit la peste. »
2-Troisième partie du roman, la peste décrite comme une fin du monde : « Ainsi à longueur de semaine (…) l’appel morne et sans passion de la peste. »
3-La mort de l’enfant Othon : « Le docteur serrait avec force la barre du lit (…) une pose de crucifié grotesque. »
4-la baignade de Rieux et Tarrou : « Un moment après l’auto s’arrêtait près des grilles du port (…) et qu’il fallait recommencer. »
Études d’ensemble : la structure du roman, la construction des personnages principaux, les différentes significations de la peste, la Peste et le cycle de l’homme révolté.
Lectures cursives, documents et textes complémentaires : Chaque élève a lu un roman ou un récit qui interroge la relation patient/malade, réflexion sur la vision du monde transmise par ce récit.
Prolongements proposés à la classe par le professeur : Autres textes traitant du thème de la peste : Extrait du prologue d’Œdipe Roi de Sophocle, sonnet de Desnos intitulé « La peste », fable de La Fontaine : « Les animaux malades de la peste. »
Représentation des Justes de Camus dans la mise en scène de Guy-Pierre Couleau au théâtre Municipal de Colmar.
Projection du film de Jean Daniel et de Joël Calmettes : Albert Camus
SÉQUENCE N°2 :
«La fable, un instrument de satire ? »
Objet(s) d’étude : Argumenter : persuader, convaincre, délibérer
Lectures analytiques :
- Groupement de textes : Comment le détour par les animaux permet de critiquer les humains : La fable comme moyen de faire la satire de la Cour.
5 - « Les animaux malades de la peste. »
6 - « les obsèques de la lionne. »
7 - « Le lion, le loup et le renard. »
8 - « Le chat, la belette et le petit lapin. »
Prolongements proposés à la classe par le professeur : Sujet d’écrit portant sur la réécriture des fables au XXème siècle par Anouilh et Queneau, commentaire de la fable « Le Chêne et le Roseau » de la Fontaine.
SÉQUENCE N°3
«L’Ingénu de Voltaire ou comment faire la satire du fanatisme religieux et des abus de pouvoir. »
Objet(s) d’étude : Argumenter : persuader, convaincre, délibérer
Lectures analytiques :
- Œuvre intégrale : L’Ingénu de Voltaire.
Textes expliqués en classe :
9-Incipit, du début jusqu’à « et allait s’en retourner. »
10 -Fin du chapitre III et début du chapitre IV : L’Ingénu a disparu et veut se faire baptiser dans la rivière.
« Elles se promenaient tristement (…) et je ferai tout ce que vous voudrez. » »
11 -chapitre VIII : La rencontre de l’Ingénu et des Huguenots à Saumur. Du début jusqu’à (…) qu’on a donné atteinte à la magnanimité de son cœur ».
12 -chapitre XVI : L’argumentation scandaleuse du Père-Tout-à-Tous. Mademoiselle de saint-Yves, une héroïne vertueuse.
Études d’ensemble : Quel est le statut du récit : Conte philosophique, roman d’éducation, parodie de roman sensible ?
La satire : Qui est visé ? Par quels procédés ?
L’Ingénu est-il un « bon sauvage » ?
L’Ingénu est- il un texte représentatif du mouvement des Lumières ?
Lectures cursives, documents et textes complémentaires : Candide de Voltaire
Prolongements proposés à la classe par le professeur : Le chapitre 9 de L’Ingénu qui traite de la persécution des protestants a été comparé avec l’article « Réfugiés » de L’Encyclopédie.
Lectures et activités personnelles : chaque élève a constitué un dossier sur le mouvement littéraire et culturel des Lumières.
SÉQUENCE N° 4
«La Dispute de Marivaux, une pièce à multiples facettes qui peut donner lieu à des mises en scènes différentes ? »
Objet(s) d’étude : Théâtre : Texte et Représentation.
Lectures analytiques :
- Œuvre intégrale : La Dispute de Marivaux.
- Textes expliqués en classe :
13 -La scène 1 : Scène d’exposition
14 -La scène 4 : La rencontre d’Eglé et Azor
15 -La scène 9 : La rencontre d’Eglé et Adine jusqu’à « venez apprendre à vous connaître et à vous taire ».
16 -La scène 15 : Les tourments d’Eglé depuis : Carise : « Eh ! Dites-moi, ne rougissez-vous pas un peu de votre inconstance ? » jusqu’à la fin de la scène.
Études d’ensemble : La Dispute, une comédie, une pièce à portée philosophique, une sorte de conte cruel et noir.
Prolongements proposés à la classe par le professeur : Analyse de différentes photos de mises en scènes de la Dispute.
Mise en scène en classe par groupe de quatre de la scène 9, la rencontre d’Eglé et Adine, comparaison des différentes propositions faites par les élèves.
Analyse de la représentation des Justes de Camus dans la mise en scène de Guy Pierre Couleau au Théâtre Municipal de Colmar : comment construire le sens d’un spectacle ?
Découverte d’expériences de théâtre forum dans le cadre de programmes de prévention des conduites à risques ou pour faire réfléchir aux rapports hommes femme.
SÉQUENCE N°5
«Femme de Rêve, Rêve de Femme. »
Objet(s) d’étude : La Poésie
Lectures analytiques :
17-« Parfum Exotique » de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal.
18-« A une Passante » de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal.
19- « Mon Rêve familier » de Verlaine, Poèmes Saturniens.
Lectures cursives, documents et textes complémentaires : Comparaison entre « la Chevelure » poème versifié des Fleurs du Mal et « Un hémisphère dans une chevelure », poème en prose, en prolongement de l’étude de « Parfum Exotique ».
Lecture cursive de « Jai tant rêvé de toi » de Robert Desnos et de « Femme nue, Femme noire » de Léopold Sedar Senghor.
Prolongements proposés à la classe par le professeur : chaque élève a composé une anthologie de dix poèmes selon une thématique de son choix et rédigé une préface.
la scène 15 de la Dispute
Scène 15 : Les tourments amoureux d’Eglé : faut-il rester fidèle au premier amant qui s’est présenté?
1 .Le point de vue de Carise sur le comportement d’Eglé : elle considère que le « change », l’inconstance est une faute dont il faudrait « avoir honte » : cf« ne rougissez-vous pas un peu de votre inconstance ? ». Pour ménager Eglé, elle atténue son reproche avec « un peu », mais on peut y lire au contraire de l’ironie et une façon de lui signifier qu’elle devrait avoir une grande honte.
Elle n’accepte pas l’excuse d’Eglé qui allègue « l’ignorance » pour expliquer l’accident qui lui arrive, or Carise lui rappelle ses promesses : « vous aviez tant promis de l’aimer constamment ». Pour Carise, la déclaration d’amour engage. cf. Jeu sur la famille de mot : « inconstance » pas compatible avec l’adverbe « constamment », Carise souligne la contradiction et le revirement du comportement d’Eglé. La fidélité est d’abord fidélité à la parole donnée. Parler engage, rend responsable de ses actes et de l’autre. Carise lui rappelle la scène 6 et les raisons réfutées qui précèdent le passage étudié.
Elle contredit le point de vue d’Eglé en soulignant les failles de son raisonnement : le camarade « ne vaut pas mieux qu’Azor, son seul « avantage » est « d’être nouveau venu » : Carise essaie de montrer à Eglé que la variété des amants flatte son narcissisme, que ce qu’elle apprécie, c’est de ressentir les premiers émois liés à la naissance de l’amour que l’on éprouve chez l’autre : cf jeu sur les temps du v . aimer : aimera : futur pour le camarade, présent « m’aime déjà « pour Azor. Dès que l’amour devient un acquis, il est moins jouissif et valorisant. En fait Eglé aime être désirée comme elle l’a dit clairement et naïvement de manière hyperbolique : « car s’il est question d’être aimée, je suis bien aise de l’être, je le déclare, et au lieu d’un camarade, en eût-il cent, je voudrais qu’ils m’aimassent tous ; c’est mon plaisir. »
Etonnement de Carise devant la motivation de l’inconstance chez Eglé qui est uniquement narcissique dans la phrase exclamative: « Quels étranges motifs de changement ! » Moralement pas défendable selon elle : « Je gagerai bien que vous n’en êtes pas contente » ; elle en appelle au « bon cœur » de sa pupille. Carise est du côté de ceux qui pensent que l’homme est naturellement bon, qu’il a un « cœur » qui lui fait sentir quand il fait mal et où est le bien.
Solution préconisée par Carise : fuite devant le camarade, échapper à la vue trop séduisante, au miroir que le désir du camarade tendra à Eglé, éviter à la vertu d’avoir à combattre mais Mesrin est désigné par la métonymie du « combat », le combat, c’est lui pour Eglé !
2. Le point de vue d’Eglé : la jeune fille met son cœur à nu puisqu’elle dit sincèrement ce qu’elle ressent. L’on voit qu’elle est capable de raisonner, de se questionner, de formuler des objections. Cf vocabulaire de la pensée et du jugement : « il me parait que, je ne les estime pas beaucoup, je vous défie », et aussi maniement de liaisons logiques : « quand, donc, pourtant, justement, encore, car, d’un côté, de l’autre, ils sont tout deux de conséquence » ou également parataxes avec liens logiques implicites .Elle apparait même comme calculatrice : on trouve dans sa bouche le vocabulaire du calcul : « mon compte, vaut, avantage considérable, n’est-ce rien ? » Elle sait se défendre par rapport à Carise qui ne semble pas pouvoir trouver les arguments pour la convaincre de rester fidele à Azor.cf « Je vous défie de dire, Vous n’écoutez donc pas ? »
Pour elle, la fidélité ne s’impose pas ; elle a l’impression d’avoir été piégée par son ignorance lorsqu’elle s’est engagée au premier venu : « Attendez, quand je l’ai promis, il n’y avait que lui, il fallait donc qu’il restât seul ». L’attrait de la nouveauté, de la variété, de la diversité qui existe dans la nature, comme Eglé en fait l’expérience, exerce son pouvoir. Agnès dans L’Ecole des femmes de Molière déjà disait « Le moyen d’empêcher ce qui fait du plaisir ».
Eglé confond d’ailleurs « valeur » et nouveauté, on peut dire qu’elle fait de la variété une valeur. Les qualités propres à chaque être lui importent peu finalement.
Eglé est confronté à un dilemme : le rythme binaire et les antithèses le prouvent : peine/plaisir, « Faut-il me faire de la peine ? Faut-il me faire plaisir ? » Mais elle ne pense jamais qu’elle pourrait faire plaisir ou peine à autrui, elle ne pense qu’à elle comme le prouve le COD « me » deux fois présents ; son malaise lui fait comprendre qu’il y a un problème, mais sans éducation morale, elle ne trouve pas en elle-même de quoi lutter contre son plaisir. En fait, elle ne semble pas avoir de « bon cœur »qui puisse faire pencher la balance : comme le prouve les antithèses présentes dans des parallélismes : « Mon bon cœur le condamne, mon bon cœur l’approuve ; il dit oui, il dit non ». Elle ne peut pas se guider sur son fort intérieur : « choisir le plus commode », c’est choisir le plaisir !
Ce qui laisse mal augurer de la confrontation avec Mesrin et laisse craindre qu »Azor ne soit trahi.
3 La leçon à tirer par le lecteur/ spectateur : le spectacle de la nature n’est pas celui que l’on attendait. La nature n’est pas pure, vertueuse, mais au contraire encline au plaisir narcissique et égoïste. La nature humaine est portée au « change », à l’inconstance. Carise ne parvient pas à convaincre Eglé des bénéfices moraux puis affectifs de la constance amoureuse, elle ne trouve pas les mots pour la convaincre de ce qu’elle perdrait en abandonnant Azor qui l’aime et à qui elle s’est engagée par de multiples serments (Dans la mise en scène très sombre de Patrice Chéreau, Azor se suicide à la fin de la pièce!).La conscience morale qui susciterait la honte ne semble pas prédominante. Le constat est amer et dément la position de Rousseau sur la bonté de l’homme à l’état de nature corrompu par la comédie mondaine qu’exigerait la société. Le narcissisme et l’égocentrisme paraissent innés. Le spectacle ne doit pas être très agréable pour Hermiane qui a accusé les hommes d’être plus inconstants car moins sensible à la honte d’actes inconvenants.En fait, on dirait que Le Prince en lui offrant l’expérience de "l’origine du monde" a cherché à l’humilier en tant que femme en lui montrant le spectacle de l’égocentrisme féminin.
La position d’Eglé semble justifier le libertinage comme normal dans la nature, la liberté de l’individu semble devoir s’exprimer dans la possibilité de varier les amours à l’infini, car cette variété satisfait l’amour propre.
Préface à une anthologie de poèmes (1ST2S)
Exemple de préface à une anthologie de poèmes contemporains dont vous pouvez vous inspirer pour l’exercice que j’ai demandé:
http://www.maulpoix.net/preface.html
L’ensemble du site de Jean-Michel Maulpoix est d’ailleurs passionnant pour qui s’intéresse à la poésie.
Un exemple de préface pour une anthologie de poésie engagée:
http://blog.crdp-versailles.fr/poesieengagee2009/index.php/post/08/06/2009/Pr%C3%A9face-4
Sur le théâtre forum et Augusto Boal.
Voici un lien qui vous fera connaître une compagnie de théâtre qui pratique le théâtre forum du type de celui que vous avez pu voir au lycée:
http://www.acontrejour.net/article-881594.html
Une présentation de la méthode de travail d’Augusto Boal et de son théâtre de l’opprimé:
http://www.theatrons.com/impro-augusto-boal.php
Un article publié au moment de sa mort l’année dernière:
http://www.rue89.com/balagan/2009/05/05/mort-daugusto-boal-lactiviste-du-theatre-de-lopprime
sujets de dissertation et d’invention sur le roman(1st2s et 1s1)
Dissertation: "Un bon roman nous fait réfléchir sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure."Partagez-vous cette conception du roman?
Sujet d’invention: Deux lycéens échangent leurs goûts en matière de roman au cours d’un dialogue. L’un préfère les romans d’aventure où l’action et le suspense dominent. L’autre privilégie les romans qui mettent en scène l’aventure intérieure des personnages et offrent l’occasion de réfléchir sur sa propre existence et sur le monde.
Vous rédigerez ce dialogue romanesque.
Descriptif de la liste pour l’oral en 1ST2S1
Objet d’Etude : Le Roman comme vision du monde ; le personnage comme vision de l’homme.
Œuvre intégrale : La Peste de Camus
Problématique : En quoi les différentes représentations de la Peste dans le roman illustrent-t-elles la vision du monde de Camus ?
Textes étudiés :
-Un nom mis sur la maladie : « C’était le temps, voilà tout (…) mais il semble bien que ce soit la peste. »
-Troisième partie, La peste décrite comme une apocalypse : « Ainsi à longueur de semaine(…) l’appel morne et sans passion de la peste. »
-La description des séparés : « Alors que dans les premiers temps. (…) une autre faim qui pouvait tout dévorer. »
- La mort de l’enfant Othon : « Le docteur serrait avec force la barre du lit(…) une pose de crucifié grotesque.
-La baignade de Rieux et Tarrou : « Un moment après l’auto s’arrêtait près des grilles du port. (…) et qu’il fallait maintenant recommencer. »
Pistes pour l’entretien.
La construction des personnages principaux, les mesures prises contre la peste, la structure du roman, les différentes significations de la Peste dans le roman. La Peste comme un moyen d’illustrer les concepts camusiens d’absurde et de révolte.
Prolongement 1 : autres textes où il est question de la peste : Extrait du prologue d’ Œdipe Roi de Sophocle, sonnet de Desnos « la peste », fable de La Fontaine « Les animaux malades de la Peste »
Prolongement 2: la lecture cursive d’un roman qui interroge la relation patient/malade, réflexion sur la vision du monde transmise par ce récit.
Prolongement 3 : Représentation des Justes de Camus dans la mise en scène de Guy-Pierre Couleau.
Anticipation de l’objet d’étude « Théâtre : Texte et Représentation » : comment analyser un spectacle ?
Objet d’étude : Argumenter : persuader, convaincre, délibérer
séquence 2
Groupement de textes : La fable comme moyen de faire la satire de La Cour. Le détour par les animaux pour critiquer les humains. Le récit mis au service de la satire. Découverte des fables de la Fontaine ;
-« Les animaux malades de la peste »
-« Les obsèques de la lionne »
- « Le lion, le loup et le renard »( A faire)
-« Le Chat, la belette et le petit lapin »(A faire)
Séquence 3
Œuvre Intégrale : Un conte de Voltaire : L’Ingénu.
Lecture cursive : Candide
Comment l’argumentation indirecte permet la critique du fanatisme religieux et des abus de pouvoir.
Lectures analytiques :
-Incipit
-Fin du chapitre 3 et début du chapitre 4 : l’Ingénu a disparu et veut se faire baptiser dans la rivière.
-chapitre 9 : la rencontre de l’Ingénu et des Huguenots à Saumur.
-chapitre 16 : l’argumentation scandaleuse du Père-Tout-à-Tous, Melle de Saint-Yves , une héroine vertueuse et tragique.
Pistes pour l’entretien :
Quel est le statut du récit ? Conte philosophique, roman d’éducation, parodie de roman sensible ?
La satire : Qui est visé ? Par quels procédés ?
L’ingénu est-il « un bon sauvage » ?
Dans quelle mesure L’Ingénu est-il un texte représentatif du mouvement des Lumières ?
Objet d’étude Théâtre: Texte et Représentation
Oeuvre intégrale: La Dispute de Marivaux
Problématique: Une pièce à multiples facettes qui peut donner lieu à des mises en scènes fort différentes.
Lecture analytique: -les scènes d’exposition sc1 (et sc2)
-la scène 4 Rencontre Eglé et Azor
-la scène 9 Rencontre Eglé et Adine
-la scène 15 Les tourments d’Eglé
Activités menées en classe: analyse de la représentation des Justes de camus dans la mise en scène de Guy-Pierre Couleau au théâtre municipal de Colmar
Proposition de mise en scène de la scène 9 par groupes et comparaison des solutions trouvées.
objet d’étude: La poésie
Problématique: femme de rêve , rêve de femme.
"A une passante", "Parfum exotique" de Baudelaire
"Mon rêve familier" de Verlaine,
"J’ai tant rêvé de toi " de Desnos
"femme nue, femme noire" Leopold Sedar Senghor
Les élèves ont composés une anthologie de 10 poèmes et rédigé une préface.
L’Absurde et la Révolte de Camus: synthèse
Les notions d’absurde et de révolte.
1. L’Absurde : dans le langage courant, ce mot désigne ce qui n’a pas de sens (par exemple, une décision absurde). Ce concept a été par Camus dans le Mythe de Sisyphe (1942), repris dans l’Etranger(1942) puis au théâtre dans Caligula et le Malentendu (1944).
L’Absurde commence avec la prise de conscience du caractère machinal de l’existence et de la certitude de la mort à venir au bout d’une vie où le temps fait succéder inexorablement chaque jour l’un à l’autre (« Sous l’éclairage mortel de cette destinée, l’inutilité apparaît. Aucune morale, aucun effort ne sont a priori justifiables devant les sanglantes mathématiques de notre condition3). L’absurde naît de l’étrangeté du monde qui existe sans les hommes et qu’il ne peut comprendre.
L’Absurde est ainsi la conséquence de la confrontation de l’homme avec un monde qu’il ne comprend pas et qui est incapable de donner un sens à sa vie(« Ce divorce entre l’homme et sa vie, l’acteur et son décor, c’est proprement le sentiment de l’absurdité. »)
2.La Révolte : Pour Camus, il n’est pas question de renoncer face à l’absurdité de la vie. La révolte, concept développé par Camus dans l’Homme révolté en 1951 est une réponse à l’absurde.
Il s’agit pour Camus de dépasser l’absurde avec des moyens purement humains, sans chercher le secours d’une quelconque transcendance (par exemple la religion) ou d’une quelconque idéologie( par exemple le marxisme ou l’existentialisme). Camus ne propose pas de solution toute faite et préétablie mais considère que cette révolte doit prendre la forme d’une action collective où l’homme est pleinement conscient de sa condition (« Je me révolte donc nous sommes » dira-t-il dans L’homme Révolté »).
C’est ainsi que la solidarité entre les hommes devient une valeur fondatrice dans la Peste et qu’elle permet de faire face à l’Absurde, comme en témoigne la lutte du docteur rieux et des formations sanitaires à ses côtés. Rieux est alors l’exemple de l’homme révolté dont l’engagement individuel et collectif, avec des moyens uniquement humains, vient à bout de l’absurdité de la vie, symbolisée par le fléau de la peste.
L’absurde et la révolte : comprendre les deux concepts de Camus.(1ère)
Pour vous aider à comprendre les deux concepts fondamentaux et faire le lien avec le roman La Peste et la pièce les Justes de Camus, lisez cette page:
http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/etranger/abscamus.htm
Rêveries du promeneur solitaire
Les Rêveries du Promeneur Solitaire.
Extrait de la cinquième rêverie.
A rapprocher de la baignade dans la mer de Rieux et Tarrou dans la Peste de Camus.
"Quand le lac agité ne me permettait pas la navigation, je passais mon après-midi à parcourir l’île en herborisant à droite et à gauche m’asseyant tantôt dans les réduits les plus riants et les plus solitaires pour y rêver à mon aise, tantôt sur les terrasses et les tertres, pour parcourir des yeux le superbe et ravissant coup d’oeil du lac et de ses rivages couronnés d’un côté par des montagnes prochaines et de l’autre élargis en riches et fertiles plaines, dans lesquelles la vue s’étendait jusqu’aux montagnes bleuâtres plus éloignées qui la bornaient.
Quand le soir approchait je descendais des cimes de l’île et j’allais volontiers m’asseoir au bord du lac sur la grève dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l’agitation de l’eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m’en fusse aperçu. Le flux et reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence sans prendre la peine de penser. De temps à autre naissait quelque faible et courte réflexion sur l’instabilité des choses de ce monde dont la surface des eaux m’offrait l’image : mais bientôt ces impressions légères s’effaçaient dans l’uniformité du mouvement continu qui me berçait, et qui sans aucun concours actif de mon âme ne laissait pas de m’attacher au point qu’appelé par l’heure et par le signal convenu je ne pouvais m’arracher de là sans effort.
J’ai remarqué dans les vicissitudes d’une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m’attire et me touche le plus. Ces courts moments de délire et de passion, quelque vifs qu’ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état, et le bonheur que mon coeur regrette n’est point composé d’instants fugitifs mais un état simple et permanent, qui n’a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme au point d’y trouver enfin la suprême félicité. (…)
Tout est dans un flux continuel sur la terre : rien n’y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s’attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé qui n’est plus ou préviennent l’avenir qui souvent ne doit point être : il n’y a rien là de solide à quoi le coeur se puisse attacher. Aussi n’a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu’il y soit connu. A peine est-il dans nos plus vives jouissances un instant où le coeur puisse véritablement nous dire : Je voudrais que cet instant durât toujours ; et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le coeur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après ?
Mais s’il est un état où l’âme trouve une assiette assez solide pour s’y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d’enjamber sur l’avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière ; tant que cet état dure celui qui s’y trouve peut s’appeler heureux, non d’un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu’on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d’un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l’âme aucun vide qu’elle sente le besoin de remplir. Tel est l’état où je me suis trouvé souvent à l’île de Saint-Pierre dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l’eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs au bord d’une belle rivière ou d’un ruisseau murmurant sur le gravier.
De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d’extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu. Le sentiment de l’existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix, qui suffirait seul pour rendre cette existence chère et douce à qui saurait écarter de soi toutes les impressions sensuelles et terrestres qui viennent sans cesse nous en distraire et en troubler ici-bas la douceur. Mais la plupart des hommes, agités de passions continuelles, connaissent peu cet état, et ne l’ayant goûté qu’imparfaitement durant peu d’instants n’en conservent qu’une idée obscure et confuse qui ne leur en fait pas sentir le charme. Il ne serait pas même bon, dans la présente constitution des choses, qu’avides de ces douces extases ils s’y dégoûtassent de la vie active dont leurs besoins toujours renaissants leur prescrivent le devoir. Mais un infortuné qu’on a retranché de la société humaine et qui ne peut plus rien faire ici-bas d’utile et de bon pour autrui ni pour soi, peut trouver dans cet état à toutes les félicités humaines des dédommagements que la fortune et les hommes ne lui sauraient ôter."
cahier de texte jusqu’aux vacances de la Toussaint 1ère ST2S1
Cahier de texte des premières ST2S1
3 septembre: Accueil par groupe. Exercices de présentation et de constitution du groupe classe. Importance de la communication orale et de l’assurance personnelle face au groupe.
4 septembre: Présentation du programme et des exigences. Matériel demandé, organisation du classeur. Réflexion sur l’intitulé des objets d’étude en liaison avec ce qui a été étudié en seconde. Faire apparaître la continuité des apprentissages et le réinvestissement des connaissances.
Bien connaître le sens des mots qui composent l’intitulé des objets d’études : l’entretien à l’oral commence souvent par la vérification de cette compréhension.
Jeudi 10 septembre: Faire découvrir des romans contemporains sur le thème de la maladie, de la relation soigné/soignant tout en s’entraînant à la pratique de la lecture à haute voix utile à l’examen.
Liste des romans :
Korsakov, Eric Fottorino
Le Médecin de Campagne, Balzac
Le Protocole Compassionnel, Hervé Guibert
Le Docteur Pascal , Zola
L’Africain, JMG Le Clezio
L’Eau Rouge, Pascale Roze
Annie Ernaux, Je ne suis pas sortie de ma Nuit. Zorn, Mars
Mont-Oriol, Maupassant
Une Femme, Annie Ernaux
Amok, Stephan Zweig
La maladie de Sachs , Martin Winckler
Petite, Geneviève Brisac
Le Hussard sur le toit, Giono
S’entraîner à lire en fonction des consignes données pour la semaine prochaine. Lire l’un des récits et répondre aux questions portant sur la représentation de la maladie, des relations soignéssoignants et de la condition humaine en général pour le 6 novembre.
vendredi 11 septembre: Le roman comme vision du monde, le personnage comme vision de l’homme: Œuvre intégrale la Peste de Camus.
Comment préparer un commentaire ou une LA. Méthode des 7 entrées dans le texte pour construire du sens à partir des procédés d’écriture. Elaboration avec les élèves à partir de l’extrait relatant la baignade de Tarrou et Rieux.
Jeudi 17 septembre: lecture des extraits au groupe, identification des romans dont ils sont extraits, consignes pour améliorer la performance.
Choisir le livre qui plaît le plus et commencer à le lire.
Vendredi 18 septembre: Examen d’un commentaire rédigé de l’extrait de La Peste travaillé à la séance précédente. Rédiger en classe la 3ème partie et la conclusion.
Préparer à l’aide des 7 questions un extrait de l’incipit du roman pour la semaine suivante.
Introduction à la lecture de la Peste.
Jeudi 22 septembre : Prise de notes sur la biographie de Camus.
Vendredi 25 septembre : L.A. du deuxième extrait de La Peste : Un nom sur la maladie. Travail par groupe sur des centres d’intérêts différents.
Jeudi 1 octobre : Fin de la présentation de Camus.
Vendredi 2 octobre : 3ème L.A. dans la Peste La peste à son paroxysme
« Ainsi à longueur de semaines…l’appel morne et sans passion de la peste »
1. Un moment de paroxysme
2. La description d’une apocalypse
3. Une vision tragique de l’homme
Jeudi 8 octobre : (Anticipation de l’objet d’étude : théâtre : texte et représentation)
Préparation au spectacle des Justes de Camus dans la mise en scène de Guy Pierre Couleau à la Comédie de l’Est. Connaître la fable de la pièce. Questionnaire pour faciliter l’analyse d’un spectacle. Bien le lire avant de se rendre au théâtre pour pouvoir l’exploiter au moment du compte rendu du spectacle.
Vendredi 9 octobre : Représentation des Justes de Camus.
Jeudi 15 octobre : Analyse du spectacle Les Justes de Camus.
Vendredi 16 octobre : Entraînement à l’épreuve orale :
En quoi peut-on dire que la peste est représentée comme une fin du monde dans ce passage ?
Jeudi 22 octobre : rédaction d’une question préalable à partir d’un corpus de texte sur le thème de la peste : prologue d’Oedipe Roi de Sophocle, « les animaux malades de la peste » fable de la Fontaine, « la peste », sonnet de Desnos.
De quelle manière la peste est-elle représentée dans les trois textes du corpus ?
Vendredi 23 octobre : L.A. l’agonie du fils du juge Othon.
Question de synthèse : Les mesures prises contre la maladie par les personnages de La Peste.
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