Une vie dans le noir.
Rien ne s’oppose à la nuit est une œuvre de Delphine De Vigan. Ce roman retrace la vie de sa mère, Lucile, et sa propre vie par la suite. Ce roman est une sorte de biographie.
Lucile est issue d’une famille de neuf enfants. D’une mère courageuse et passionnée et d’un père présent mais un peu trop affectif. Lucile subit de nombreux traumatisme dans son enfance notamment la mort de plusieurs frères et l’ambiguïté et la passion malsaine de son père à son égard. Lucile est une femme forte mais brisée par son passé, ce qui la conduira en hôpital psychiatrique à plusieurs reprises malgré ses efforts acharnés pour guérir et oublier ses cicatrices intérieures.
Le roman commence par la mort de Lucile. Ainsi commence l’enquête de l’auteur pour comprendre et mieux connaître sa mère.
Elle retrace toute sa vie depuis sa plus tendre enfance en cherchant de petites informations, des histoires, des souvenirs de toute la fratrie de sa mère. J’ai vu avec quelle volonté et précision Delphine De Vigan poursuit ses recherches. J’ai capté son envie profonde de comprendre sa mère, l’importance que cela a pour elle et le fait que la maladie mentale de sa mère ait énormément joué sur son éducation. Ses crises de paranoïa, ses délires, ses humeurs extrêmement changeantes etc. La maladie de Lucile a été pour elle une manière d’extérioriser tout ce qu’elle gardait en elle à l’adolescence. A travers la vie de Lucile, l’enfance de l’auteur y est donc racontée. Elle a du affronter et vivre la maladie de sa mère et je trouve que c’est une chose extrêmement dure pour une fillette. De plus elle avait une petite sœur, qui elle ne pouvait ni se défendre ni trop comprendre ce qu’il arrivait à sa mère. Dans la vie, notre mère est notre exemple, quoi de plus déstabilisant que de voir son propre exemple perdre toute cohérence.
C’est un roman assez sombre qui va bien avec son titre. C’est assez morbide mais je me suis prise d’affection pour Lucile. J’ai compati, j’ai imaginé sa douleur.
L’histoire de la vie de Lucile est aussi très passionnante. On entre dans l’univers d’une grande famille, les choses négatives et positives que cela entraine. Il y a les vacances en famille, les repas interminables, le couché des enfants très fatiguant, les pleures, les cris, les rires, les joies, les malheurs... J’ai moi même une grande famille, recomposée serte, nous sommes en tous six enfants, donc ce roman m’a d’autant plu car je m’y suis un peu reconnu. La façon dont l’auteur raconte m’a prit au tripes. J’ai vraiment aimé.
Je pense que l’auteur n’a pas eu juste envie d’écrire la vie de sa mère mais en a eu besoins. Elle voulais en parler, elle avait besoins de mettre tout cela à l’écrit pour en faire le deuil. Au début elle avait peur de se lancer dans cette aventure. Je crois qu’elle a eu du mal à poursuivre à certains moments. Certainement c’est-elle plusieurs fois découragée mais n’a pas perdu espoir. Elle a osé mettre a nu des révélations qui n’auraient peu être pas du être révélées, au risque de se mettre à dos toute sa famille. Je trouve que c’est une excellente idée et qu’il ne faut en aucun cas se renfermer et faire semblant d’oublier.
Héritier Claire
Rien ne s’oppose au livre de Delphine de Vigan
« Rien ne s’oppose à la nuit » est un roman écrit par Delphine de Vigan et qui parle de sa mère (nommée Lucile), de son enfance jusqu’à sa mort, à l’âge de soixante et un ans. On voit clairement que l’auteur s’est beaucoup inspiré de sa vie. Cette manière d’écrire rend cette oeuvre très personnelle dont l’origine est la mort de sa mère. Cependant, certains éléments fictifs ont été ajoutés, ce qui en fait un roman. La part de biographie est d’autant plus accentuée qu’elle est allée se renseigner auprès de ses oncles et tantes afin qu’ils racontent l’enfance de sa mère pour qu’elle puisse la retranscrire comme première partie. Son livre se compose d’environ 400 pages, se lit facilement et surtout rapidement, trop rapidement même. D’ailleurs, certains passages basés sur le moment d’écriture nous disent que lors de cette enquête auprès de sa famille, Delphine a obtenu plusieurs versions pour chaque évenement. Ces passages nous permettent de réaliser que chaque évenement est perçu différemment en fonction des personnes. Le titre, tiré de la chanson « Osez Joséphine » de Bashung, évoque une histoire sombre qui se base sur la vie difficile de Lucile et sur la grave maladie dont elle est atteinte. Si on devait l’interpréter par rapport à la situation de sa mère dans le livre, on pourrait dire qu’elle se trouve seule dans sa maladie qui la renferme sur elle-même et dont elle a du mal à sortir, comme une "descente aux enfers" terrible, la période sombre de sa vie.
C’est donc l’histoire de Lucile, mère de Delphine qui est racontée dans ce livre. On découvre tout d’abord son enfance. Elle est issue d’une composée de neuf enfants et au cours de son enfance, beaucoup d’évenements pour le moins traumatisants se sont produits. C’est en devenant adulte que tout a commencé à s’aggraver pour Lucile, notamment lorsqu’elle apprend qu’elle est bipolaire. Commence alors pour elle des périodes sombres de dépression où elle ne contrôle même plus sa vie, ses réactions et raconte même certaines choses que personne ne connaissait. Ces états lui valent plusieurs séjours en hôpital psychiatrique avant qu’elle retrouve un certain équilibre et une vie plus ou moins normale jusqu’à sa mort.
J’ai beaucoup aimé ce livre car j’ai trouvé que le personnage de Lucile était très bien "racontée" ce qui m’a permis d’entrer dans ce personnage et de rentrer à cent pour cent dans l’histoire. La chronologie est parfaitement respectée et le style de l’auteur facile. J’ai été tellement absorbé par l’histoire que j’ai lu le livre rapidement, je voulais toujours en savoir plus, savoir ce qui allait se passer par la suite. Delphine de Vigan a parfaitement réussi à nous faire ressentir les émotions des personnages et je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir de la peine à la lecture des passages où sa mère sombre et se trouve dans un état de détresse. J’ai également ressenti beaucoup de peine pour ses proches qui sont totalements impuissants face à ces évenements. Ce livre nous a permis de découvrir chez Delphine de Vigan un style touchant et sensible car elle raconte son histoire de sorte à nous faire la ressentir, nous la faire "vivre". C’est un bel hommage à sa mère et à sa vie et il nous permet de découvrir les côtés que la vie peut parfois donner.
Matthieu, 1ereL
Un traitre parmi eux
Retour à Killybegs de Sorj Chalandon est sûrement un des livres que j’ai préférés dans la sélection. Il nous raconte l’histoire d’un homme qui aime sa patrie, qui la considère presque comme une religion. Il fait la guerre pour elle, il la défend, elle est son honneur et sa fierté. Mais pourtant après tous ses combats et toutes ses années passées en prison à revendiquer ses origines et sa foi, il la trahie. La fière Irlande qui repousse la colonisation Britannique perd son plus fervent soldat le jour où il tue dans des circonstances que l’on a du mal à comprendre ( pour ma part en tout cas ) un de ses compagnons d’arme. On voit désormais un homme, tourmenté par sa trahison obéir aux ordres des ses ennemis, lui , autrefois combattant rebelle. Nous suivons au fil du livre l’épopée de Tyrone Meehan qui au début de l’histoire se bat contre l’envahisseur et à la fin, se bat contre lui même et contre le secret qu’il porte.
J’ai adoré cet enchaînement de batailles, de sentiments envers sa patrie et sa femme, ces voyages entre France et Irlande, ces séjours glauques en prison, son amitié avec Antoine … Le livre passionne, il est prenant dès la première phrase et il se termine comme à bout de souffle dans une fin que l’on était pas sur d’attendre. Le style d’écriture est simple mais la façon d’écrire de l’auteur est noire, elle nous transmet la passion que l’auteur à mis dans son ouvrage pour nous faire ressentir sa douleur. En effet dans ce livre, Sorj Chalandon s’inspire de la vie d’un très bona mi à lui à qui il n’a pas eu le temps de dire au revoir.
Nous avons rencontré Sorj Chalandon à Toulon avec cinq autres auteurs de la sélection et je pense que sa prestation a joué en faveur pour son livre. Personnellement, j’avais déjà lu Retour à Killybegs avant cette rencontre mais de l’entendre nous raconter son histoire, ses liens avec cet ami qui lui a inspiré ce livre et toute l’émotion qu’il a transmit lors de cette conférence m’ont donné envie de relire son livre. Je ne savais alors que l’histoire était fondée sur des faits réels, et quand je l’ai appris j’ai vu l’histoire sous un autre angle, les émotions sont ressorties du texte.
Pour en revenir à l’écriture, le livre reste tout de même très noir. Mais je ne trouve pas que cela soit un défaut. L’histoire n’est pas joyeuse il est donc normal que l’écriture soit sombre. L’auteur est crû, il ne passe pas par quatre chemins pour nous dire ce que pense son personnage et ce qu’il subit. C’est encore un point que j’ai apprécié car il rend l’histoire simple à comprendre et donc facile à lire. Je pense que l’on apprécie plus un livre si l’on comprend facilement de quoi il parle. J’ai aimé la phrase du tout début, avant même que l’histoire commence : « Lorsque le bûcheron entre dans la forêt, les arbres se disent entre eux : regardez, le manche est l’un des nôtres ». Elle entame le livre avec une touche d’humour et c’est une bonne chose je pense car cela nous donne envie de lire.
Pour faire un bilan, ce livre m’a passionnée. J’ai suivi cette histoire avec enthousiasme et elle ne m’a pas déçue. Je ne m’attendais pas à la mort du personnage mais cela m’a plutôt agréablement surprise, c’était une bonne fin. J’ai trouvé le l’histoire touchante et entraînante et le caractère de cet Irlandais pur souche m’a séduite. Tyrone Meehan, un traitre que l’on apprécie.
Léa.
DU SOURIRE AUX LARMES
Avec « Les souvenirs », David Foenkinos narre l’histoire d’un homme, apprenti écrivain dont on ne saura pas grand chose de plus au final, qui raconte le décès de son grand-père et ses conséquences sur sa vie et celle de son entourage.
L’utilisation de la première personne du singulier est peut-être, pour l’auteur, une manière de quitter le monde imaginaire de la plupart de ses précédents romans, pour puiser plus d’inspiration dans sa propre vie. C’est aussi un moyen pour nous, lecteurs, de mieux nous identifier à ce personnage plutôt ordinaire mais attachant.
L’auteur utilise le ton juste pour parler des ravages du temps sur les personnes et leur mémoire. En effet, le contraste entre les sujets de ce livre et son écriture est remarquable. David Foenkinos parle avant tout de sujets graves comme la mort, la solitude, la séparation et la vieillesse, mais il aborde ces thèmes avec légèreté et amusement. Il parvient à nous faire sourire de sujets graves qui peuvent tous nous toucher au quotidien. L’auteur manie parfaitement l’humour et l’ironie, ce qui permet ce contraste entre la dureté des thèmes abordés et la positivité qu’on en retire. Car ce roman nous donne une véritable leçon de vie. Il nous encourage à vivre, à avancer, à passer du temps avec les personnes que l’on aime, et à donner du piment à sa vie malgré les épreuves que l’on rencontre.
Au fil de notre lecture, on réalise à quel point nos souvenirs nous sont précieux, et qu’ils sont la seule manière de garder l’amour des gens vivants car dans ce livre, le personnage navigue entre souvenir et oubli. Ce roman nous encourage à ne rien oublier.
On a envie de lire et de relire ce roman très touchant, et de découvrir au plus vite les autres ouvrages de David Foenkinos.
Margot Brochard, 1ereL, Lycée André Chamson
« La belle amour humaine » ? Non. « Lassante amour humaine »...
La belle amour humaine,
Lyonel Trouillot
Je souhaitais écrire un court résumé de l’histoire pour présenter le livre. J’aurais pu écrire simplement : « Anaïse, une jeune occidentale, est en route pour un petit village côtier d’Haïti ; Anse-à-Fôleur, où son père a vécu, pour comprendre ce qui s’est passé le jour où son grand-père est mort dans l’incendie de sa maison ». Mais cela aurait été bien trop facile, et ce résumé est loin de représenter le véritable contenu du roman ; en réalité, il énonce seulement ce que l’on est censé saisir au fil de l’histoire, car il n’y a aucune situation initiale. Oui, en fait, j’aurai dû écrire, comme présentation : « Où se trouve-t-on ? Qui parle donc ? A qui s’adresse cette personne ? Faisons nous partis de ses interlocuteurs ? Un monologue, un monologue qui se prolonge éternellement. L’émerveillement, les rêves, l’amour, la bonté, la confrontation au partage, la cartographie de la fraternité, le quotidien, la cruauté, la bêtise de l’homme, la vie, la mort : tout est envisagé d’une autre façon, dans ce petit village de pêcheur. Chacun des récits pose, à sa manière, une question essentielle : quel usage faut-il faire de sa présence au monde ? ». Voilà un résumé qui représente bien le roman.
J’ai détesté. Il me fut impossible d’aimer ce livre.
Je reconnais tout de même la grande qualité de l’écriture, très belle, poétique, de Lyonel Trouillot, ainsi que la langue lyrique et sensuelle, qui berce le texte du début à la fin. J’approuve également la force que dégage le récit. Mais jamais, à aucun moment, je n’ai accroché à la lecture du roman. Trop d’énumérations, de descriptions, toujours longues, lassantes, interminables... Nous nous rendons compte à quel point le dialogue est important dans un roman ; en effet, dans La belle amour humaine, son absence est incroyablement gênante. Le fil de l’histoire, par le manque de dialogue, est franchement morne, barbant et ennuyeux.
Chaque chapitre est une boucle ; le narrateur reviens sans cesse à son point de départ. Il parle d’une chose, puis d’une autre, pour finalement revenir sur la première... Il se perd dans son discours. Et nous nous perdons avec lui.
De plus, la mise en page et le format du livre est loin d’arranger les choses : le texte, tout en longueur, est écrasé, compressé. Quelle horrible sensation c’est que d’avoir l’impression de ne jamais terminer une page...
Enfin, à chaque fin de chapitre, est posée une question, autant à son interlocuteur qu’à nous : « J’espère que je ne t’embête pas avec mes histoires et mes questions ? ». J’avoue que j’ai bien envie de lui répondre : « Oh que si ! »
Justine, 1ereL, Lycée André Chamson
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