Elèv/ation

Réciter Phèdre

Par Laucun - publié le 2017-nov.-22 à 14:36 dans Seconde


Eléments de notation :


  • virtuosité vocale : diction, émission, respiration
  • engagement émotionnel intense : situations propres à la tragédie
  • engagement corporel complet : énergie, tenue, liberté, souplesse, fluidité
  • analyse du texte : situation, enjeux, sens, dramaturgie
  • niveau de conscience des enjeux de la représentation
  • nécessité d’un abandon optimal de l’acteur : idéal artistique.

  • Eléments repris à partir du stage proposé par Anne Coutureau :

    http://theatrevivant.fr/ateliers-et-stages/stage-racine/

    La fureur jalouse de Phèdre tirade v1252-1263 complet

    Par Laucun - publié le 2017-nov.-16 à 08:21 dans Seconde


    AIDE SECONDE pour la rédaction de votre commentaire


     Éléments pour l’’introduction :


    - Amorce : thème amoureux (le dit et le non dit)

    - Auteur

    - Présentation de l’œ’oeuvre : Dans Phèdre, la jeune femme découvre l’’amour de son beau-fils, qu’’elle aime d’’une passion fatale et Aricie l’’ennemie héréditaire du royaume.
    - Situation de l’’extrait : La nouvelle du retour de Thésée accable Phèdre au moment où elle espérait encore conquérir l’’amour d’’Hippolyte : elle est résignée à mourir. Mais, pour prévenir la colère de Thésée, Œnone accuse Hippolyte d’avoir attenté à l’’honneur de Phèdre. Plein de fureur, le héros chasse son fils et supplie Neptune de le châtier. Phèdre, en proie au remords, vient disculper le jeune homme, et peut-être s’’accuser ; mais elle apprend de Thésée lui-même qu’’Hippolyte se prétend amoureux d’’Aricie.

    - Présentation de l’’extrait : Devant cette découverte la fureur jalouse de Phèdre se développe. Elle laisse éclater celle-ci qui passe par plusieurs phases avant de se retourner contre elle-même dans un accès de lucidité. Elle passe à la fois par une fureur envers les autres (et suscite la terreur) avant que celle-ci ne se retourne contre elle (et suscite davantage la pitié).


    Problématiques envisageables :
    Comment s’’exprime la démesure de Phèdre ?
    Comment Racine se sert-il de la fureur de la jalousie pour faire progresser l’action tragique ?
    Comment s’’exprime le conflit tragique auquel est confrontée Phèdre ?
    Comment s’’exprime la fureur jalouse de Phèdre ?

    Comment Racine, conformément à la doctrine classique, suscite la terreur et la pitié ?


    Exemple d’axes d’étude :



    I. L’’expression extériorisée de la fureur jalouse et criminelle  : l’’égarement de Phèdre (v1252 à 1263) suscite la terreur.

    A. l’’expression de la colère excessive & d’’un fort trouble affectif


    - Interruption du discours d’’Oenone opposition marquée par l’’antithèse « plus/toujours ».
    - phrases exclamatives successives (rythme heurté)
    - interjection « ah! » à la césure qui brise le rythme de l‘’alexandrin
    - champ lexical de la fureur « courroux »
    - assonance en « a » comme un écho plaintif

    Transition : cause et conséquence de cette colère (// hubris)  ?

    B. La cause : la vision obsédante des amants heureux en contraste avec sa douleur morale.


    - Le futur de certitude « ils s’’aimeront » en opposition au premier hémistiche
    - hyperbole « mille serments » chiffre « magique ».
    - fluidité rythmique et sonore du bonheur v.1256 :  6/6
    - opposition du « ils » pluriel et du « je » singulier vers à vers 1252 à 1257.

    Transition : bonheur sublimé du couple considéré comme une provocation « outrage » renforcée par la rime féminine riche « rage». Phèdre ne veut souffrir seule.

    C. Une conséquence ultime de la douleur : le désir inextinguible, la soif de vengeance.


    - même platonique la vision du couple lui est insupportable d’’autant qu’’elle se sent persécutée (égarement mental).
    - anaphore impersonnelle « il faut » à chaque début d’’hémistiche comme un impératif catégorique.
    - détermination du « non !» comme un cri au début du vers.
    - appel aux adjuvants : Thésée « mon époux » et Oenone
    - Aricie bouc-émissaire du sadisme impitoyable de Phèdre : « peines légères »  suggère(nt) la torture (litote)
    - image d’’Aricie détériorée « sang odi-eux » (diérèse)
    - diffamation, au moyen de l’’hyperbole « crime » (v1262), d’’Aricie princesse captive et coupable uniquement d’’aimer...

     Transition : la peinture idyllique des amants, les marques de la colère, le désir de vengeance machiavélique, les accusations hypertrophiées et totalitaires traduisent la démesure extériorisée de Phèdre dans un crescendo de noirceur. Cpt la conscience de Phèdre redevient un temps clairvoyante pour mieux s’’accuser. Phèdre ne peut-être « ni tout fait coupable, ni tout à fait innocente ».


    II. La lucidité de Phèdre : l’’expression intériorisée de la culpabilité et de la honte (1264 à 1280) suscite la pitié.




    A. les marques de l’introspection.


    - l’’orgueil blessé : les marques de 1ère personne
    - les questions rhétoriques
    - l’’emploi du présent d’’actualité (ou d’’énonciation)  indique action non achevée v.1266
    - l‘’adj. antéposé « jaloux ».
    - 1264/1256 : chiasme Thésée/moi moi/Thésée.

    B. La conscience d’’une culpabilité redoublée.


    - Je brûle encore » image double du « feu » de la passion et des flammes du châtiment chrétien (syncrétisme entre langage galant et langage religieux).
    - métonymie / synecdoque « homicides mains »,
    - les contradictions v.1267/1272,
    - les termes auto-dépréciatifs « misérable »,
    - vision janséniste, « époux vivant »,
    - « je respire à la fois le crime et l’imposture » : respire : « souhaiter » parfum exhalaison de culpabilité.
    - allitération « sang innocent ».

    C. Le statut de réprouvée : la honte d’’être vue.


    - lexique de la vue
    - allusion mythologique à ses ancêtres « sacré soleil » (adjectif antéposé)
    - l’’opposition : ombre / lumière : haut / bas
    - les éléments corporels affectés : mains, cheveux.



     Conclusion : Extériorisation de la fureur suivi de l’’examen introspectif de sa douleur = complexité de Phèdre « passion de la nuit » (Blanchot). Prépare la catastrophe : le crime accompli d’’Hypp. La faute de Phèdre non de passer à l’’acte mais de dire (scène de l’’aveu à Hippolyte) ou le silence (ne pas blanchir Hippolyte) : Monstruosité de Phèdre ?




     


    Question entretien


    Qui sont les monstres de cette tragédie ?


     Au niveau des personnages, chacun dans cette tragédie est le monstre de l’’autre : Hippolyte est le monstre de Phèdre (v. 884) mais celle-ci est parfaitement consciente d’être un monstre pour lui (v. 703) ; Thésée voit son fils comme un nouveau monstre, mais Aricie lui dira que le vrai monstre est celui qu’il laisse vivre (v. 1445) ; enfin Oenone est qualifié de « monstre exécrable » par Phèdre (v. 1317). Mais pour le spectateur, les véritables monstres sont Phèdre et Thésée : la première est dévorée par un amour semi-incestueux, et s’enfonce dans le crime par passion et par jalousie ; le second se rend coupable d’infanticide, puisqu’il demande à Neptune de le tuer de façon sanglante : sa colère est sans limite.



     Selon vous, quelle(s) difficulté(s) représente le monologue pour un comédien ?


    Le comédien est seul sur scène pour dire son monologue. La parole prononcée n’a aucun interlocuteur, et ce moment de réflexion personnelle déclamée peut paraître artificiel. Qui, dans la réalité, pense à haute voix ? Il s’agit donc pour le comédien non seulement de bien exprimer les sentiments du personnage, mais aussi et surtout de donner au monologue un caractère naturel, alors que rien ne justifie le discours.

    Question qu’’est-ce que l’’ironie tragique ?


     L’’ironie tragique est un processus qui consiste à montrer un personnage qui s’illusionne, croyant pouvoir lutter contre un destin inéluctable. Repérez les espoirs exprimés par les deux personnages dans chaque texte, et montrez que le spectateur sait déjà qu’ils sont vains. L’ironie tragique apparaît dans chaque monologue : Phèdre et Hippolyte s’illusionnent en pensant pouvoir lutter contre un destin qui finira par les rattraper. Ils ignorent chacun une information essentielle connue du spectateur : Phèdre ignore qu’Hippolyte aime Aricie, et Hippolyte ignore qu’il va être accusé à la place de Phèdre auprès de son père. Ainsi, le spectateur perçoit l’aveuglement de Phèdre quand elle dépeint Hippolyte comme un rebelle à Vénus : le jeune homme a fléchi les genoux devant la loi de l’amour, il aime déjà, seulement ce n’est pas Phèdre qui est l’objet de son désir. Le subjonctif à valeur jussive « Qu’’il aime » est d’autant plus ironique qu’il ne contredit pas la phrase suivante, « on me déteste ».
    Dans le monologue d’’Hippolyte, l’ironie tragique apparaît dans les quatre derniers vers, et notamment dans l’emploi du futur « je pourrai » qui marque la confiance du jeune homme dans l’avenir. Le spectateur sait à ce moment-là que le plus terrible pour Thésée n’est pas l’amour que son fils porte à Aricie, mais l’accusation mensongère qu’OEnone s’apprête à porter au sujet de ses sentiments pour Phèdre. La colère du père sera bien plus difficile à combattre que ce qu’’imagine Hippolyte, puisqu’’il se trompe sur son objet.


     

    Pour les questions d’entretien :

    - sur les confidents

    http://www.cosmovisions.com/textConfident.htm

     

    - lexique du théâtre :

     http://www.lyc-levigan.ac-montpellier.fr/doc_pedagogie/espace_eaf/cours/genres/theatre_lexique.htm

     

     




    Page précédente | Page 1 sur 9 | Page suivante
    Qui cherche à s'élever, réfléchir, sentir, découvrir, aimer davantage ? ou, plus simplement, réussir son bac de français ? Les lecteurs assidus de ce blog !
    «  Décembre 2017  »
    LunMarMerJeuVenSamDim
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031

    Derniers commentaires

    - Robin Williams, un acteur de talent (par Visiteur non enregistré)
    - bac balnc (par Visiteur non enregistré)
    - pièce (par Visiteur non enregistré)

    Canal RSS

    Abonnement




    Hit-parade