Elèv/ation

Bac blanc remarques

Par Laucun - publié le 2016-févr.- 5 à 04:44 dans Première




Exclusif ! Quelques éléments de correction du bac blanc, après avoir corrigé 70 copies !

  




Question de corpus


Il faut d’abord répondre à la question et chercher les différents moyens employés par les auteurs. S’ il est facile d’identifier, à travers le terme « tableau » de la consigne, la dimension descriptive de toutes les oeuvres, il ne s’agit pas de s’arrêter là. Bien sûr les caractéristiques du portrait (physique et moral) apparaissent : divers compléments du nom, énumérations, comparaisons, imparfait, etc. Mais c’est surtout le jeu des points de vue qui paraît significatif. En effet dans l’oeuvre de Flaubert le point de vue d’abord externe « on vit » devient omniscient « c’était la première fois ». Ce point de vue lui permet d’établir le portrait acerbe des bourgeois « épanouis » et de se placer petit à petit aux côtés de son personnage. Le seul point de vue interne est privilégié par Zola, il en est de même chez Mirbeau à travers la forme d’un journal intime. Entrer dans le point de vue du personnage permet de susciter la compassion face aux douleurs endurées par chacune de ces femmes. Ce registre pathétique conduit à comprendre combien elles sont victimes de leurs maîtres. Le « tableau » de la condition des domestiques devient vite polémique. Flaubert opte pour l’ironie en montrant l’hypocrisie de la bourgeoisie face à la maigre récompense accordée à une vieille femme réduite à la périphrase « ce demi-siècle de servitude ». Zola choque plus directement à travers les paroles rapportées de son personnage. Le style peut être indirect libre « encore être bousculée par Julie !» ou plus crument, direct, à travers l’exclamation finale « salauds !». Mirbeau parvient à la même force critique en dénonçant explicitement les « sales âmes » des maîtres en général et le caractère « tatillon et méticuleux » de Madame en particulier rehaussé d’une probable avarice. Inscrits dans une esthétique réaliste, ces trois passages savent non seulement témoigner de la vie du peuple sans idéalisation mais aussi émouvoir le lecteur face aux douleurs éprouvées (proche d’un martyr) pour mieux les dénoncer à l’ère de la bourgeoisie triomphante.




> Erreurs fréquentes : le hors-sujet, moyens non identifiés, citations absentes ou rarement caractérisées, résumé de chaque œuvre les unes après les autres... et toujours une avalanche d’erreurs orthographiques, de ponctuation et de syntaxe.




Commentaire (Flaubert)


Il s’agit d’un très beau portrait d’un personnage secondaire, situé au milieu du roman, lors des comices agricoles (fête rurale). Il résume en quelques lignes le parcours d’une vie toute entière. Il est piégé lorsqu’on le lit rapidement. Certains n’ont pas compris que l’on passe du point de vue externe, un peu froidement objectif, à un point de vue plein d’empathie où l’on se rapproche sensiblement de cette femme déshumanisée par un labeur harassant exigé par la classe dominante « épanoui(e) ». Aussi deux registres dominent : pathétique et polémique (ou satirique). Tout l’art de Flaubert est de modifier notre regard au point de voir dans cette femme l’égale d’une sainte (regardez la position de ses mains, son aspect « monacal » !). Quant aux intentions de l’auteur, elles sont mutiples : témoigner, compatir, dénoncer et sans doute réaliser une nouvelle icône d’une martyre contemporaine. Ce talent descriptif sera aussi admiré par les auteurs du nouveau roman (années 1950).

Je vous rassure : une copie a bénéficié de la note de 19/20 sans mettre à jour tous ces éléments !




Difficultés relevées : un plan souvent descriptif sans être argumentatif, des incompréhensions lexicales (ignorance des termes "placidité, mutisme, monacal"), des contresens (la domestique est récompensée à sa juste valeur, les bourgeois sont aimables dans ce texte…), de la paraphrase linéaire tout à fait "affreuse" (euh, "rédhibitoire").




Invention (Mirbeau)


Adapté plusieurs fois au cinéma, Le Journal d’une femme de chambre, est également un chef d’oeuvre de la littérature ! Il fallait noter dans l’incipit tout ce qui était utile à la rédaction de l’échange épistolaire demandé. Même la date indiquée était importante. Certains ont utilisé des tournures amicales (« Chère amie » « cordialement ») totalement inappropriées ici. La condition ancillaire semble si éprouvante dans l’ensemble du corpus. Madame est sévèrement jugée par Célestine ; dès lors, il fallait retrouver ses traits de caractère à travers sa « belle écriture ». Quant à Célestine c’est un personnage difficile à cerner. Elle semble instable, rusée, sans doute voleuse «(cf le papier à lettres « collectionné chez ses anciennes maîtresses »). Son regard semble lucide et critique, son style alterne entre tournures familières et poétiques : « sales âmes » « grand tourbillon de la misère ». Il est sans doute probable que des enjeux de séduction et de pouvoir vont se jouer, dès les premiers échanges de lettres. Ces dernières restent argumentatives : l’une veut s’assurer qu’elle fait le bon choix, l’autre tient à être embauchée et à s’éloigner un temps de Paris.




Erreurs commises : des lettres courtes (non distribuées en paragraphes), un ton amical, des confidences réelles, des anachronismes (absence de crédit téléphonique ! si, si cela a été écrit...), un style pauvre sans relief, sans implicite.



 

Dissertation


Un sujet facile en réalité pourvu qu’on le problématise... Je vous propose, dès à présent, une introduction pour vous le faire comprendre.



    Dans l’Antiquité, le terme « héros » désignait le fils d’un dieu. Par glissement, il vient ensuite caractériser un être hors du commun, capable d’actions magnanimes. Dans l’univers plus spécifique du roman, le terme de « héros » renvoie seulement au personnage occupant le rôle principal dans l’intrigue ; ce dernier n’est pas toujoures doté de qualités exceptionnelles. Dès le XIXème siècle, les romanciers modifient davantage encore cette image et choisissent pour personnages des êtres moins « héroïques », médiocres, maladroits ou même ridicules. Dans cette lignée réaliste, les récits policiers choisissent des faits divers contemporains où l’anti héros paraît la norme. Ainsi Georges Simenon, inventeur du célèbre commissaire Maigret, peut déclarer « Un personnage de roman c’est n’importe qui dans la rue ». Mais un homme du commun peut-il vraiment être le « héros » d’un roman, s’il ne se distingue en rien ? Quel intérêt, pour l’auteur tout autant que pour le lecteur, présente ce choix risqué d’un sujet ordianire ? La nature, les enjeux, la valeur du roman ne s ’en trouvent-ils pas dévaluer ?

   Si la perspective de présenter des êtres ordinaires semblent limitée face au véritable héros singulier et exceptionnel, le pari du banal paraît également riche de possibilités pour le genre romanesque. En définitive, il semble même que ce choix puisse modifier notre définition du roman et par là, notre vision du monde.






Maladresses : absence de problématique, exemples donnés les uns après les autres sans argument nouveau ; absence de connaissances de termes ou d’histoire littéraire (naturalisme, nouveau roman, etc.).





Notes données : un bel éventail de  02 à 19 !


J’espère que les vôtres seront au moins convenables...



Des questions ?


Travail vacances 2de

Par Laucun - publié le 2016-févr.- 4 à 07:48 dans Seconde




Séquence 4 : Zola, la science de l’écriture ?


Travail à effectuer sur feuille pour le : jeudi de la rentrée


- Terminer la lecture de La Bête humaine.




- Répondre aux questions suivantes, à partir du manuel :




1/ Contexte social et politique (p.18) > Quelles sont les dates et les caractéristiques principales du « Second Empire » ?




2/ Les arts,( p. 101) > Montrer en quoi ce tableau de Monet appartient à l’esthétique impressionniste.




3/ Le travail préparatoire, (p.105 cf petit encart) > Que contient le dossier préparatoire de Zola ?




4/ La science et le style, (p.111) : > Qu’est-ce qu’une démarche expérimentale ? > L’écriture de Zola est-elle toujours objective ?




5/ Le vocabulaire du Droit (p.110) > ex 2, p.110.




6/ Entraînement bac (p.116, 117) > répondre à la question du corpus de textes (I)


(intro + axes de réponse développés en paragraphes + ccl = 30 lignes rédigées).




> je m’avance : Choisir et apprendre dix lignes de la Bête Humaine (par exemples : p.189, chapitre V, lignes 584 à 594, Séverine séduite ; p.379, chapitre X, lignes p.215 à 226, l’égarement de Flore).

Je me procure :

- Alcools, Apollinaire, folio plus classiques, n°238, (4,10 ).



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