Des mots pour le dire

Texte n°1 Rhinocéros

Par vadministrateur - publié le lundi 19 février 2018 à 11:28 dans Textes pour l'EAF

La scène d’exposition


Décor

Une place dans une petite ville de province. Au fond, une maison composée d’un rez- de-chaussée et d’un étage. Au rez-de-chaussée, la devanture d’une épicerie. On y entre par une porte vitrée qui surmonte deux ou trois marches. Au-dessus de la devanture est écrit en caractères très visibles le mot : « EPICERIE ». Au premier étage, deux fenêtres qui doivent être celles du logement des épiciers. L’épicerie se trouve donc dans le fond du plateau, mais assez sur la gauche, pas loin des coulisses. On aperçoit, au-dessus de la maison de l’épicerie, le clocher d’une église, dans le lointain. Entre l’épicerie et le côté droit, la perspective d’une petite rue. Sur la droite, légèrement en biais, la devanture d’un café. Au-dessus du café, un étage avec une fenêtre. Devant la terrasse de ce café : plusieurs tables et chaises s’avancent jusque près du milieu du plateau. Un arbre poussiéreux près des chaises de la terrasse. Ciel bleu, lumière crue, murs très blancs. C’est un dimanche, pas loin de midi, en été. Jean et Bérenger iront s’asseoir à une table de la terrasse.

Avant le lever du rideau, on entend carillonner. Le carillon cessera quelques secondes après le lever du rideau. Lorsque le rideau se lève, une femme, portant sous un bras un panier à provisions vide, et sous l’autre un chat, traverse en silence la scène, de droite à gauche. A son passage, l’Epicière ouvre la porte de la boutique et la regarde passer.

L’EPICIERE Ah ! celle-là ! (A son mari qui est dans la boutique.) Ah ! celle-là, elle est fière. Elle ne veut plus acheter chez nous.

L’Epicière disparaît, plateau vide quelques secondes.

Par la droite, apparaît Jean ; en même temps, par la gauche, apparaît Bérenger. Jean est très soigneusement vêtu : costume marron, cravate rouge, faux col amidonné, chapeau marron. Il est un peu rougeaud de figure. Il a des souliers jaunes, bien cirés ; Bérenger n’est pas rasé, il est tête nue, les cheveux mal peignés, les vêtements chiffonnés ; tout exprime chez lui la négligence, il a l’air fatigué, somnolent ; de temps à autre, il bâille.

JEAN, venant de la droite. Vous voilà tout de même, Bérenger.

BERENGER, venant de la gauche.Bonjour, Jean.

JEAN Toujours en retard, évidemment ! (Il regarde sa montre-bracelet.) Nous avions rendez-vous à onze heures trente. Il est bientôt midi.

BERENGER Excusez-moi. Vous m’attendez depuis longtemps ?

JEAN Non. J’arrive, vous voyez bien.

Ils vont s’asseoir à une des tables de la terrasse du café.

BERENGER Alors, je me sens moins coupable, puisque… vous-même…

JEAN Moi, c’est pas pareil, je n’aime pas attendre, je n’ai pas de temps à perdre. Comme vous ne venez jamais à l’heure, je viens exprès en retard, au moment où je suppose avoir la chance de vous trouver.

BERENGER C’est juste… c’est juste, pourtant…

JEAN Vous ne pouvez affirmer que vous venez à l’heure convenue !

BERENGER Evidemment… je ne pourrais l’affirmer.

Jean et Bérenger se sont assis.

Interview de Ionesco

Par vadministrateur - publié le vendredi 16 février 2018 à 08:09 dans 1ère

Le théâtre de l’absurde

Par vadministrateur - publié le vendredi 16 février 2018 à 03:43 dans 1ère
     Face à l’absurdité du monde, les dramaturges du « théâtre de l’absurde » développent un immobilisme, une attente désespérée. Ne parvenant pas à se contenter de la forme dramatique telle qu’elle existe à l’époque, et qui repose souvent sur des bases réalistes, ils poursuivent le travail entamé par les surréalistes sur une poétisation de la langue, et mettent la forme dramatique au service de ce constat d’absurdité. Aucun ne fait plus confiance à la langue comme outil de communication. Le langage est l’outil du pouvoir, il est oppressant et absurde, le plus souvent figé dans des formes sclérosées.

      Le but du théâtre de l’absurde est de présenter la situation fondamentale, particulière, d’un individu englué dans l’absurdité du monde. Les auteurs de l’absurde refusent le réalisme des personnages et de l’intrigue. Leurs pièces ne mettent pas en scène de personnalités marquées, ni d’intrigue dans le sens « narratif » du terme. Le lieu où se déroule l’action n’est souvent pas cité avec précision. Le temps n’est pas linéaire : soit il n’avance pas, soit il se répète. Enfin, le théâtre de l’absurde travaille à la fois le comique et le tragique Si les pièces d’Ionesco sont souvent considérées en fonction de leur potentiel comique, l’auteur n’avait de cesse de rappeler leurs bases tragiques, puisqu’elles reposaient toutes sur des constats plutôt sombres.

      Le théâtre de l’absurde n’est pas un courant littéraire ou une école, mais bien un agrégat d’approches très différentes de l’art théâtral. Mais ces avant-gardes des années cinquante ont pour point commun d’avoir ouvert la voie à une nouvelle façon d’écrire des pièces. Libérant le dialogue et la scène de carcans traditionnels, elles laissent en héritage aux dramaturges qui suivent l’intuition que la forme théâtrale doit être remise en question, et qu’un travail différent sur la langue est possible.

Le théâtre de l’absurde se caractérise donc par :
- La disparition de l’intrigue traditionnelle et un cadre spatio-temporel imprécis
- Des personnages en crise, sans identité marquée
- Une absence de communication (le langage exprime le vide et l’incohérence)
- Un mélange des registres comique et tragique
- L’importance accrue des didascalies: le théâtre est autant gestes et attitudes que paroles

Ionesco et la Roumanie

Par vadministrateur - publié le vendredi 16 février 2018 à 02:01 dans 1ère
Ionesco

Durant la 1è guerre mondiale, à Bucarest, M. Ionesco père se remarie et obtient le poste enviable d’inspecteur général du gouvernement, avant de devenir avocat à Bucarest . Il adhère bientôt à la Garde de Fer, mouvement fasciste et antisémite, soutenue par le gouvernement du IIIème Reich.

Pendant ce temps à Paris, Thérèse et ses enfants vivent chichement dans un hôtel peu confortable. Thérèse décide d’envoyer Eugène et Marilina chez des paysans de la Mayenne. Outre que les petits seront à l’abri, ils pourront manger à leur faim...

Le séjour fut un bonheur pour Eugène. Les fermiers sont de braves gens, l’instituteur est passionnant, le curé est bon et généreux. L’enfant découvre les joies renouvelées qu’offre chaque jour la nature. Eugène Ionesco n’oubliera jamais ses deux années de petit paysan. Ce fut le paradis sur terre.

Hélas, tout s’achève, la guerre est finie, le grand-père maternel prend sa retraite, il faut rentrer à Paris pour vivre tous ensemble, cinq personnes en appartement de deux pièces sur une cour sombre et humide, dans une petite rue de XVème.

Quelques mois plus tard, le père se rappelle qu’il a deux enfants et les réclame.

Le retour en pays natal ne se passe pas sans mal. Première difficulté : le jeune Eugène ne connaît pas un mot de roumain, il doit apprendre la langue dans un temps record pour entrer au lycée. Seconde difficulté : les rapports entre beaux-enfants et belle-mère sont virulents.

À Paris, sans ses enfants, la vie est trop triste pour Thérèse aussi décide-t-elle de retourner à Bucarest où elle s’installe dans un minuscule logement. Mise à la porte par sa marâtre, Marilina rejoint sa mère. Eugène, à la suite d’une violente altercation avec son père, se réfugie auprès d’elles deux. Grâce à une bourse, le garçon peut s’installer dans une chambre indépendante et continuer ses études .


Les gardes de fer

Nom pris par le parti fasciste roumain qui s’appuie sur un antisémitisme combatif et, après 1933, sur la propagande national-socialiste.

La Garde de fer est fondée par un jeune capitaine, Codreanu. Il prétend rendre à la vie politique un idéal qu’on croit évanoui depuis la réalisation de l’unité nationale ; jusqu’en 1933, le gouvernement fait preuve de faiblesse, voire de complaisance, à l’égard de cet agitateur qui se pose en sauveur national. Mais, comme les luttes intérieures sont marquées par une recrudescence de la violence et que la Garde de fer se transforme en une véritable armée, le président du Conseil, le libéral Duca, en ordonne la dissolution ; la réponse est quasi immédiate ; Duca est assassiné en décembre 1933. Devant la propagande frénétique de la Garde de fer et la faiblesse du régime parlementaire, seule la dictature royale apparaît capable de barrer la route à la puissance de Codreanu, qui risque de déchaîner la violence.

En 1938, une charte constitutionnelle confie le pouvoir au roi et aux ministres. Les chefs de la Garde de fer sont traduits devant les tribunaux ; Codreanu, condamné à neuf ans de prison, est abattu à la fin de 1938, au cours d’une « tentative d’évasion ».

En 1939, le président du Conseil, Calinesco, tombe sous les balles de la Garde de fer. Celle-ci prendra sa revanche complète, en 1940, avec l’arrivée au pouvoir du maréchal, Antenescu qui imposera au pays l’abdication du roi Charles II, l’alliance allemande et l’antisémitisme systématique.(Encyclopedia universalis)

Interview Mouawad

Par vadministrateur - publié le jeudi 8 février 2018 à 08:44 dans 1ère

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