Des mots pour le dire

Ionesco et la Roumanie

Par vadministrateur - publié le jeudi 12 janvier 2017 à 02:01 dans 1SB
Ionesco

À Bucarest, M. Ionesco père se remarie et obtient le poste enviable d’inspecteur général du gouvernement, avant de devenir avocat à Bucarest . Il adhère bientôt à la Garde de Fer, mouvement fasciste et antisémite, soutenue par le gouvernement du IIIème Reich.

Pendant ce temps à Paris, Thérèse et ses enfants vivent chichement dans un hôtel peu confortable. Lors d’un bombardement, Thérèse prend peur et décide d’envoyer Eugen et Marilina chez des paysans de la Mayenne. Outre que les petits seront à l’abri, ils pourront manger à leur faim...

Le séjour fut un bonheur pour Eugène. Les fermiers sont de braves gens, l’instituteur est passionnant, le curé est bon et généreux. L’enfant découvre les joies renouvelées qu’offre chaque jour la nature. Eugène Ionesco n’oubliera jamais ses deux années de petit paysan. Ce fut le paradis sur terre.

Hélas, tout s’achève, la guerre est finie, le grand-père maternel prend sa retraite, il faut rentrer à Paris pour vivre tous ensemble, cinq personnes en appartement de deux pièces sur une cour sombre et humide, dans une petite rue de XVème.

Quelques mois plus tard, le père se rappelle qu’il a deux enfants et les réclame.

Le retour en pays natal ne se passe pas sans mal. Première difficulté : le jeune Eugène ne connaît pas un mot de roumain, il doit apprendre la langue dans un temps record pour entrer au lycée. Seconde difficulté : les rapports entre beaux-enfants et belle-mère sont virulents.

À Paris, sans ses enfants, la vie est trop triste pour Thérèse aussi décide-t-elle de retourner à Bucarest où elle s’installe dans un minuscule logement. Mise à la porte par sa marâtre, Marilina rejoint sa mère. Eugène, à la suite d’une violente altercation avec son père, se réfugie auprès d’elles deux. Grâce à une bourse, le garçon peut s’installer dans une chambre indépendante et continuer ses études .


Les gardes de fer

Nom pris par le parti fasciste roumain qui s’appuie sur un antisémitisme combatif et, après 1933, sur la propagande national-socialiste.

La Garde de fer est fondée par un jeune capitaine, Codreanu. Il prétend rendre à la vie politique un idéal qu’on croit évanoui depuis la réalisation de l’unité nationale ; jusqu’en 1933, le gouvernement fait preuve de faiblesse, voire de complaisance, à l’égard de cet agitateur qui se pose en sauveur national. Mais, comme les luttes intérieures sont marquées par une recrudescence de la violence et que la Garde de fer se transforme en une véritable armée, le président du Conseil, le libéral Duca, en ordonne la dissolution ; la réponse est quasi immédiate ; Duca est assassiné en décembre 1933. Devant la propagande frénétique de la Garde de fer et la faiblesse du régime parlementaire, seule la dictature royale apparaît capable de barrer la route à la puissance de Codreanu, qui risque de déchaîner la violence.

En 1938, une charte constitutionnelle confie le pouvoir au roi et aux ministres. Les chefs de la Garde de fer sont traduits devant les tribunaux ; Codreanu, condamné à neuf ans de prison, est abattu à la fin de 1938, au cours d’une « tentative d’évasion ».

En 1939, le président du Conseil, Calinesco, tombe sous les balles de la Garde de fer. Celle-ci prendra sa revanche complète, en 1940, avec l’arrivée au pouvoir du maréchal, Antenescu qui imposera au pays l’abdication du roi Charles II, l’alliance allemande et l’antisémitisme systématique.(Encyclopedia universalis)

LA n°1: Vercors

Par vadministrateur - publié le samedi 7 janvier 2017 à 03:51 dans 1SB

Des anthropologues partis à la recherche du «chaînon manquant » (hypothétique créature intermédiaire entre l’homme et le singe) découvrent celui-ci sous forme d’une population vivante. L’espèce est nommée Paranthropus greamiensis .Un homme d’affaires nommé Vancruysen imagine d’en faire une main-d’œuvre à bon marché, sans salaires ni droits, pour une usine de lainage. Dès lors, les anthropologues comprennent qu’il faudra bien répondre à la question « les tropis sont-ils des hommes ? »


En comparant l’intelligence de l’homme et de la bête, reprit Sir Arthur, le professeur Rampole nous a en somme moins parlé de quantité que de qualité. Il a même précisé qu’il en va toujours ainsi dans la nature

: une petite différence de quantité peut provoquer une mutation brusque, un changement total de qualité. Par exemple, si l’on chauffe de l’eau, on peut lui ajouter des quantités de calories sans qu’elle change d’état. Et puis, à un certain moment, un seul degré suffit pour qu’elle passe de l’état liquide à l’état gazeux. N’est-ce pas ce qui s’est passé pour l’intelligence de nos ancêtres? Un petit supplément de quantité dans les liaisons cérébrales –peut-être même insignifiant –lui a fait faire un de ces sauts qui a déterminé un changement total de qualité. De sorte...

C’est une opinion subversive, dit le gentleman aux manchettes.

Pardon ?

J’ai lu des choses pareilles dans... je ne sais plus. Mais enfin, c’est du pur matérialisme bolchevik. C’est une des trois lois de leur dialectique.

Le professeur Rampole, dit Sir Kenneth, est le neveu de l’évêque de Crewe. Sa femme est la fille du recteur Clayton. La mère du recteur est une amie de la mienne, et Sir Peter lui-même est un excellent chrétien.

Le gentleman tira ses manchettes et considéra les poutres du plafond avec affectation.

Le professeur Rampole, continuait Sir Arthur, a précisé ce changement de qualité: la différence entre l’intelligence de l’homme de Néandertal et celle d’un grand singe ne devait pas être bien grande en quantité. Mais elle a dû être énorme dans leur rapport avec la nature: l’animal a continué de la subir.

L’homme a brusquement commencé de l’interroger.

Eh bien... s’écrièrent ensemble le doyen et le gentleman aux manchettes, mais Sir Arthur ne se laissa pas interrompre.

Or, pour interroger, il faut être deux: celui qui interroge, ce-lui qu’on interroge. Confondu avec la nature, l’animal ne peut l’interroger. Voilà, il me semble, le point que nous cherchons. L’animal fait un avec la nature. L’homme fait deux. Pour passer de l’inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu

ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement. N’est-ce point la frontière justement ? Animal avant l’arrachement, homme après lui ? Des animaux dénaturés, voilà ce que nous sommes.

Quelques secondes passèrent avant qu’on entendît le colonel Strang murmurer:

Ce n’est pas sot. Ça explique la pédérastie.

Ça explique, dit Sir Arthur, que l’animal n’ait pas besoin de fables ni d’amulettes: il ignore sa propre ignorance. Tandis que l’esprit de l’homme, arraché, isolé de la nature, comment ne serait-il pas à l’instant plongé dans la nuit et dans l’épouvante ? Il se voit seul, abandonné, mortel, ignorant tout unique animal sur terre «qui ne sait qu’une chose, c’est qu’il ne sait rien» –pas même ce qu’il est. Comment n’inventerait-il pas aussitôt des mythes: des dieux ou des esprits en réponse à cette ignorance, des fétiches et des gris-gris en réponse à cette impuissance ? N’est-ce pas l’absence même, chez l’animal, de ces inventions aberrantes qui nous prouve l’absence aussi de ces interrogations terrifiées ?

On le regarda sans rien dire.

Mais alors, si ce qui a fait la personne –la personne consciente, et son histoire –est bien cet arrachement, cette indépendance, cette lutte, cette dénature; si, pour admettre une bête parmi les hommes, il faut qu’elle ait sauté ce pas douloureux; à quoi, à quel signe enfin reconnaîtra-t-on qu’elle l’a fait ?

On ne répondit pas.


Vercors, Les Animaux dénaturés(1952)


Théorie de l’évolution par Coldplay

Par vadministrateur - publié le mardi 11 octobre 2016 à 21:20 dans 1SB

White god

Par vadministrateur - publié le dimanche 2 octobre 2016 à 04:50 dans 1SB

Synopsis:

Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili adore son chien Hagen mais son père l’abandonne. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Prix Un Certain Regard à Cannes 2014, et Palm Dog la même année pour le premier rôle canin.



Interview du réalisateur

Certains de vos précédents films se servaient d’allégories de manière très sobre et minimaliste, comme Delta ou The Frankenstein Project. White God emprunte lui au cinéma de genre et il se situe pourtant davantage dans une réalité sociale que vos précédentes réalisations. Comment avez-vous travaillé sur ce paradoxe ?

La réalité dans l’Europe de l’est a beaucoup changé ces 5 dernières années. Ce qui était lent est devenu très rapide, il n’y a plus d’idéologies claires, et l’agression a pris la place de la mélancolie. Tout cela constitue un vrai défi pour nous, ça nécessite une autre façon de faire du cinéma. Après avoir longtemps pensé à cela, j’ai décidé d’utiliser les vestiges du cinéma de genre.White God débute comme un film familial, se transforme en film d’action avec des éléments sociaux, et se poursuit comme un thriller. C’est une manière pour le public de ressentir et de comprendre le cauchemar commun de l’Europe de l’est.

Question idiote – mais peut-être pas totalement : pensez-vous que White God aurait fonctionné avec un autre animal que le chien ?

Non, ça n’aurait pas marché. Il n’y a pas d’autres espèces ainsi façonnées par l’homme. De plus, il n’y a qu’à travers les chiens que j’avais la possibilité de démontrer comment un groupe oppressé peut devenir totalement déchainé.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur le titre mystérieux, White God, que vous avez choisi ?

Il n’y a pas de mystère à vrai dire autour de ce titre. Toute l’histoire est racontée du point de vue des chiens en tant qu’espèce soumise aux discriminations de race par les hommes. Qui se comportent comme s’il étaient des dieux. Le film raconte à quoi pourrait ressembler la révolte de ceux qui sont assujettis.

Comment avez-vous filmé les séquences impressionnantes des chiens courant dans les rues ?

Le dressage, l’entrainement et les répétitions ont pris trois mois. Les chiens étaient classés par groupes et étaient entrainés à suivre la tête de chaque groupe. Puis, ils ont appris à coopérer entre groupes et finalement avec nous. C’était également une grande expérience pour moi de voir deux espèces travailler ensemble.

White God est vraiment un film unique en son genre. D’autres films vous ont-ils servi d’inspiration ?

Oh, oui. Des films traitant de l’irrationnel, comme Jurassic Park de Steven Spielberg ou Au hasard Balthazar de Robert Bresson, ou bien des mélodrames classiques comme les films de Douglas Sirk. J’ai aussi beaucoup appris des longs métrages hongrois des années 80, des films de la Budapest School.

Entretien réalisé le 20 août 2014.

Voltaire et la souffrance animale

Par vadministrateur - publié le mardi 27 septembre 2016 à 11:35 dans 1SB

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