Des mots pour le dire

LA n°1: Vercors

Par vadministrateur - publié le samedi 7 janvier 2017 à 03:51 dans 1SB

Des anthropologues partis à la recherche du «chaînon manquant » (hypothétique créature intermédiaire entre l’homme et le singe) découvrent celui-ci sous forme d’une population vivante. L’espèce est nommée Paranthropus greamiensis .Un homme d’affaires nommé Vancruysen imagine d’en faire une main-d’œuvre à bon marché, sans salaires ni droits, pour une usine de lainage. Dès lors, les anthropologues comprennent qu’il faudra bien répondre à la question « les tropis sont-ils des hommes ? »


En comparant l’intelligence de l’homme et de la bête, reprit Sir Arthur, le professeur Rampole nous a en somme moins parlé de quantité que de qualité. Il a même précisé qu’il en va toujours ainsi dans la nature

: une petite différence de quantité peut provoquer une mutation brusque, un changement total de qualité. Par exemple, si l’on chauffe de l’eau, on peut lui ajouter des quantités de calories sans qu’elle change d’état. Et puis, à un certain moment, un seul degré suffit pour qu’elle passe de l’état liquide à l’état gazeux. N’est-ce pas ce qui s’est passé pour l’intelligence de nos ancêtres? Un petit supplément de quantité dans les liaisons cérébrales –peut-être même insignifiant –lui a fait faire un de ces sauts qui a déterminé un changement total de qualité. De sorte...

C’est une opinion subversive, dit le gentleman aux manchettes.

Pardon ?

J’ai lu des choses pareilles dans... je ne sais plus. Mais enfin, c’est du pur matérialisme bolchevik. C’est une des trois lois de leur dialectique.

Le professeur Rampole, dit Sir Kenneth, est le neveu de l’évêque de Crewe. Sa femme est la fille du recteur Clayton. La mère du recteur est une amie de la mienne, et Sir Peter lui-même est un excellent chrétien.

Le gentleman tira ses manchettes et considéra les poutres du plafond avec affectation.

Le professeur Rampole, continuait Sir Arthur, a précisé ce changement de qualité: la différence entre l’intelligence de l’homme de Néandertal et celle d’un grand singe ne devait pas être bien grande en quantité. Mais elle a dû être énorme dans leur rapport avec la nature: l’animal a continué de la subir.

L’homme a brusquement commencé de l’interroger.

Eh bien... s’écrièrent ensemble le doyen et le gentleman aux manchettes, mais Sir Arthur ne se laissa pas interrompre.

Or, pour interroger, il faut être deux: celui qui interroge, ce-lui qu’on interroge. Confondu avec la nature, l’animal ne peut l’interroger. Voilà, il me semble, le point que nous cherchons. L’animal fait un avec la nature. L’homme fait deux. Pour passer de l’inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu

ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement. N’est-ce point la frontière justement ? Animal avant l’arrachement, homme après lui ? Des animaux dénaturés, voilà ce que nous sommes.

Quelques secondes passèrent avant qu’on entendît le colonel Strang murmurer:

Ce n’est pas sot. Ça explique la pédérastie.

Ça explique, dit Sir Arthur, que l’animal n’ait pas besoin de fables ni d’amulettes: il ignore sa propre ignorance. Tandis que l’esprit de l’homme, arraché, isolé de la nature, comment ne serait-il pas à l’instant plongé dans la nuit et dans l’épouvante ? Il se voit seul, abandonné, mortel, ignorant tout unique animal sur terre «qui ne sait qu’une chose, c’est qu’il ne sait rien» –pas même ce qu’il est. Comment n’inventerait-il pas aussitôt des mythes: des dieux ou des esprits en réponse à cette ignorance, des fétiches et des gris-gris en réponse à cette impuissance ? N’est-ce pas l’absence même, chez l’animal, de ces inventions aberrantes qui nous prouve l’absence aussi de ces interrogations terrifiées ?

On le regarda sans rien dire.

Mais alors, si ce qui a fait la personne –la personne consciente, et son histoire –est bien cet arrachement, cette indépendance, cette lutte, cette dénature; si, pour admettre une bête parmi les hommes, il faut qu’elle ait sauté ce pas douloureux; à quoi, à quel signe enfin reconnaîtra-t-on qu’elle l’a fait ?

On ne répondit pas.


Vercors, Les Animaux dénaturés(1952)


White god

Par vadministrateur - publié le dimanche 2 octobre 2016 à 04:50 dans 1SB

Synopsis:

Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili adore son chien Hagen mais son père l’abandonne. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Prix Un Certain Regard à Cannes 2014, et Palm Dog la même année pour le premier rôle canin.



Interview du réalisateur

Certains de vos précédents films se servaient d’allégories de manière très sobre et minimaliste, comme Delta ou The Frankenstein Project. White God emprunte lui au cinéma de genre et il se situe pourtant davantage dans une réalité sociale que vos précédentes réalisations. Comment avez-vous travaillé sur ce paradoxe ?

La réalité dans l’Europe de l’est a beaucoup changé ces 5 dernières années. Ce qui était lent est devenu très rapide, il n’y a plus d’idéologies claires, et l’agression a pris la place de la mélancolie. Tout cela constitue un vrai défi pour nous, ça nécessite une autre façon de faire du cinéma. Après avoir longtemps pensé à cela, j’ai décidé d’utiliser les vestiges du cinéma de genre.White God débute comme un film familial, se transforme en film d’action avec des éléments sociaux, et se poursuit comme un thriller. C’est une manière pour le public de ressentir et de comprendre le cauchemar commun de l’Europe de l’est.

Question idiote – mais peut-être pas totalement : pensez-vous que White God aurait fonctionné avec un autre animal que le chien ?

Non, ça n’aurait pas marché. Il n’y a pas d’autres espèces ainsi façonnées par l’homme. De plus, il n’y a qu’à travers les chiens que j’avais la possibilité de démontrer comment un groupe oppressé peut devenir totalement déchainé.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur le titre mystérieux, White God, que vous avez choisi ?

Il n’y a pas de mystère à vrai dire autour de ce titre. Toute l’histoire est racontée du point de vue des chiens en tant qu’espèce soumise aux discriminations de race par les hommes. Qui se comportent comme s’il étaient des dieux. Le film raconte à quoi pourrait ressembler la révolte de ceux qui sont assujettis.

Comment avez-vous filmé les séquences impressionnantes des chiens courant dans les rues ?

Le dressage, l’entrainement et les répétitions ont pris trois mois. Les chiens étaient classés par groupes et étaient entrainés à suivre la tête de chaque groupe. Puis, ils ont appris à coopérer entre groupes et finalement avec nous. C’était également une grande expérience pour moi de voir deux espèces travailler ensemble.

White God est vraiment un film unique en son genre. D’autres films vous ont-ils servi d’inspiration ?

Oh, oui. Des films traitant de l’irrationnel, comme Jurassic Park de Steven Spielberg ou Au hasard Balthazar de Robert Bresson, ou bien des mélodrames classiques comme les films de Douglas Sirk. J’ai aussi beaucoup appris des longs métrages hongrois des années 80, des films de la Budapest School.

Entretien réalisé le 20 août 2014.

Voltaire et la souffrance animale

Par vadministrateur - publié le mardi 27 septembre 2016 à 11:35 dans 1SB

Voltaire,"Bêtes"

Par vadministrateur - publié le lundi 19 septembre 2016 à 12:54 dans 1SB

Voltaire, article "Bêtes"


Le Dictionnaire philosophique  est une œuvre, publiée en 1764 .S’appuyant sur la critique faite dès le départ de la vision « mécaniste » de Descartes,  Voltaire défend un point de vue radicalement différent des animaux, au nom de l’expérience. La conception qu’a Voltaire de l’animal doit énormément à la doctrine de Locke. L’Essay défend l’idée que les animaux pensent, qu’ils donnent des preuves manifestes de leur entendement, même si la parole leur manque pour en témoigner. L’empirisme, en niant le caractère inné des connaissances et de l’entendement, ne prive pas absolument les bêtes de raison. Elles y ont accès, en proportion du nombre et de l’acuité de leurs sens. La raison cesse d’être ainsi le monopole de l’homme, même si, grâce à elle, il se place au dessus de la bête. C’est en s’appuyant sur les analyses de Locke que Voltaire condamne durement les théories cartésiennes. Tout en récusant l’idée d’une « chaîne des êtres créés », Voltaire défend fermement la thèse du continuisme entre l’homme et l’animal  L’écart entre eux et nous serait de degré et non pas de nature ; l’humanité ne constituerait pas une exception dans l’univers créé.

Quelle pitié, quelle pauvreté, d’avoir dit que les bêtes sont des machines, privées de connaissance et de sentiment, qui font toujours leurs opérations de la même manière, qui n’apprennent rien, ne perfectionnent rien, etc. !

Quoi ! cet oiseau qui fait son nid en demi-cercle quand il l’attache à un mur, qui le bâtit en quart de cercle quand il est dans un angle, et en cercle sur arbre ; cet oiseau fait tout de la même façon ? Ce chien de chasse que tu as discipliné pendant trois mois, n’en sait-il pas plus au bout de ce temps, qu’il en savait avant tes leçons ? Le serin à qui tu apprends un air, le répète-t-il dans l’instant ? N’emploies-tu pas un temps considérable à l’enseigner ? N’as-tu pas vu qu’il se méprend et qu’il se corrige ?

Est-ce parce que je te parle, que tu juges que j’ai du sentiment, de la mémoire, des idées ? Eh bien, je ne te parle pas ; tu me vois entrer chez toi l’air affligé, chercher un papier avec inquiétude, ouvrir le bureau où je me souviens de l’avoir enfermé, le trouver, le lire avec joie. Tu juges que j’ai éprouvé le sentiment de l’affliction et celui du plaisir, que j’ai de la mémoire et de la connaissance.

Porte donc le même jugement sur ce chien qui a perdu son maître, qui l’a cherché dans tous les chemins avec des cris douloureux, qui entre dans la maison agité, inquiet, qui descend, qui monte, qui va de chambre en chambre, qui trouve enfin dans son cabinet le maître qu’il aime, et qui lui témoigne sa joie par la douceur de ses cris, par ses sauts, par ses caresses.

Des barbares saisissent ce chien, qui l’emporte si prodigieusement sur l’homme en amitié ; ils le clouent sur une table, et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines mésaraïques1. Tu découvres dans lui tous les mêmes organes de sentiment qui sont dans toi. Réponds-moi, machiniste; la nature a-t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal, afin qu’il ne sente pas ? A-t-il des nerfs pour être impassible ? Ne suppose point cette impertinente contradiction dans la nature.

(...)Écoutez d’autres bêtes raisonnant sur les bêtes; leur âme est un être spirituel qui meurt avec le corps: mais quelle preuve en avez vous ? Quelle idée avez-vous de cet être spirituel, qui, à la vérité, a du sentiment, de la mémoire, et sa mesure d’idées et de combinaisons, mais qui ne pourra jamais savoir ce que sait un enfant de six ans. Sur quel fondement imaginez-vous que cet être qui n’est pas corps périt avec le corps ? Les plus grandes bêtes sont ceux qui ont avancé que cette âme n’est ni corps ni esprit. Voilà un beau système. Nous ne pouvons entendre par esprit que quelque chose d’inconnu qui n’est pas corps: ainsi le système de ces messieurs, revient à ceci, que l’âme des bêtes est une substance qui n’est ni corps ni quelque chose qui n’est point corps.

D’où peuvent procéder tant d’erreurs contradictoires ? de l’habitude où les hommes ont toujours été d’examiner ce qu’est une chose, avant de savoir si elle existe. On appelle la languette, la soupape d’un soufflet, l’âme du soufflet. Qu’est-ce que cette âme ? C’est un nom que j’ai donné à cette soupape qui baisse, laisse entrer l’air, se relève, et le pousse par un tuyau, quand je fais mouvoir le soufflet.

Il n’y a point là une âme distincte de la machine. Mais qui fait mouvoir le soufflet des animaux ? Je vous l’ai déjà dit, celui qui fait mouvoir les astres. Le philosophe qui a dit : Deus est anima brutorum2, avait raison : mais il devait aller plus loin.


1. mésaraïques : veines de l’intestin

2. Voltaire réfute précisément la distinction entre une âme animale périssable et une âme humaine. C’est le principe divin qui "anime" toute chose sans distinction.

Doc complémentaire 2: Rousseau

Par vadministrateur - publié le lundi 19 septembre 2016 à 12:48 dans 1SB

Le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes est un essai du philosophe Jean-Jacques Rousseau publié en 1755. Le projet de Rousseau est de montrer que l’homme seul est responsable de son inhumanité : ni Dieu, ni la nature ne sont en cause. Ainsi si l’homme chute dans le mal, ce n’est qu’un effet pervers de sa liberté, de sa raison, de sa volonté. Le texte commence par une définition de l’animal, « une machine ingénieuse », une définition qui permet de mieux cerner ce qu’est l’homme, « une machine humaine ».


        Je ne vois dans tout animal qu’une machine ingénieuse, à qui la nature a donné des sens pour se remonter elle-même et pour se garantir, jusqu’à un certain point, de tout ce qui tend à la détruire, ou à la déranger. J’aperçois précisément les mêmes choses dans la machine humaine, avec cette différence que la nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l’homme concourt aux siennes, en qualité d’agent libre. L’un choisit ou rejette par instinct, et l’autre par un acte de liberté; ce qui fait que la bête ne peut s’écarter de la règle qui lui est prescrite, même quand il lui serait avantageux de le faire, et que l’homme s’en écarte souvent à son préjudice. C’est ainsi qu’un pigeon mourrait de faim près d’un bassin rempli des meilleures viandes, et un chat sur des tas de fruits ou de grain, quoique l’un et l’autre pût très bien se nourrir de l’aliment qu’il dédaigne, s’il s’était avisé d’en essayer. c’est ainsi que les hommes dissolus se livrent à des excès qui leur causent la fièvre et la mort ; parce que l’esprit déprave les sens, et que la volonté parle encore, quand la nature se tait.Tout animal a des idées puisqu’il a des sens, il combine même ses idées jusqu’à un certain point, et l’homme ne diffère à cet égard de la bête que du plus au moins. Quelques philosophes ont même avancé qu’il y a plus de différence de tel homme à tel homme que de tel homme à telle bête ; ce n’est donc pas tant l’entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l’homme que sa qualité d’agent libre. La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression,mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister ; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme : car la physique explique en quelque manière le mécanisme des sens et la formation des idées ; mais dans la puissance de vouloir ou plutôt de choisir, et dans le sentiment de cette puissance on ne trouve que des actes purement spirituels, dont on n’explique rien par les lois de la mécanique.


Rousseau, discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.1755


Eléments d’analyse
Situation du passage
Ce texte distingue l’homme et l’animal du point de vue métaphysique c’est à dire de la liberté par quoi l’homme s’élève au-dessus des sens et de leurs mécanismes.Il peut s’écarter de la nature, avec des conséquences qui semblent à Rousseau désastreuses.


ne ... que : signifie seulement = rien d’autre que.
machine ingénieuse: Rousseau reprend cela à Descartes. L’animal est une machine, un mécanisme très sophistiqué, si bien construit qu’il a été construit par Dieu.
sens: d’évidence, l’animal voit et entend.
se garantir = se protéger. L’animal n’invente pas des armes et des pièges. S’il est surpris, il est perdu.

J’aperçois: ici il ne s’agit plus de voir avec ses yeux une machine mais il s’agit d’apercevoir ce qu’on ne voit pas avec les yeux: la liberté ne se voit pas.On aperçoit avec son  esprit et avec sa raison on compare, ce qui se ressemble et se qui diffère.
machine humaine: il s’agit du corps et des sens.
différence: si l’instinct fait tout dans l’animal, ce n’est pas le cas chez l’homme. L’homme concourt c’est à dire collabore avec la machine en qualité d’agent libre c’est à dire comme auteur d’une action qui correspond à un choix délibéré.Ainsi, alors que l’animal choisit et rejette instinctivement l’homme choisit par un acte de liberté.

ce qui fait que: Rousseau tire les conséquences de ce qui vient d’être écrit. Même quand cela assurerait sa survie, le mécanisme de la bête suit la règle selon laquelle il a été construit. Au contraire l’homme peut s’écarter de ce mécanisme naturel et parfois il lui en coûte très cher. Sa liberté lui fait du tort.

Rousseau donne des exemples pour illustrer sa thèse: c’est ainsi que signifie, par exemple.
Si le pigeon meurt de faim ...
Les hommes dissolus: ceux qui font des excès, des orgies sans modération, s’écartent de la règle naturelle au risque de tomber malade ou même de mourir.
L’esprit déprave les sens: dépraver c’est altérer, détourner d’un mécanisme naturel bienfaisant: la liberté de goûter à tout excessivement écarte les hommes de la frugalité naturelle.
Quand la nature se tait: quand l’on est rassasié, que le besoin est endormi ...
La volonté parle encore: la volonté exige toujours plus.


Points communs entre l’homme et l’animal dans les deux premières phrases du premier paragraphe et dans la première phrase du suivant.

Champ lexical de la mécanique : la vie et l’autoconservation ; intelligence : par sens et combinaison des idées.

À l’aide du passage « Tout animal a des idées... de tel homme à telle bête » : la différence de degré d’intelligence ne permet pas de définir un homme.

Opposition fondamentale : liberté/obéissance à l’instinct.

Exemple du pigeon et du chat : exemple explicatif, faire comprendre par l’image.

Conclut par l’absence de supériorité

L’animal est le cas générique, Rousseau ne semble pas dire que l’homme n’est pas un animal mais un animal spécifique ; c’est pourquoi, il commence par évoquer ce qu’il en est de tout animal pour mieux saisir la spécificité de l’homme. Ce passage se présente comme une définition paradoxale des animaux : définition parce que Rousseau statue sur ce qui caractérise essentiellement l’entité animale (a) le fait d’être un mécanisme, (b) capable de se remonter soi-même, (c) capable de se défendre et de se réparer (cicatrisation...). On pourrait se demander si Rousseau n’introduit pas une analogie entre la machine et la vie pourtant Rousseau, dans ce texte, ne dit pas le vivant est comme une machine mais qu’il est une machine, seulement les spécificités de cette machine l’éloignent d’un mécanisme artificiel.

Rousseau introduit la notion d’agent par opposition à l’animal qui est agi ; c’est pourquoi, l’animal n’agit pas au sens propre mais son comportement est dicté par la nature, alors que l’homme agit parce qu’il détermine lui-même son comportement : « l’homme concourt aux siennes en qualité d’agent libre ».

Le fait, pour l’homme de ne pas voir son comportement dicté par la nature, n’a-t-il pas des conséquences du point de vue de l’évolution de l’homme : l’homme n’évolue pas il a une histoire qui varie en fonction des règles de conduites qu’il se donne (traditions...) ? Alors que l’animal est aujourd’hui ce qu’il sera pour toujours, l’homme change et remet sans cesse en cause ses principes de vie.






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