Des mots pour le dire

Les grands discours

Par vadministrateur - publié le jeudi 16 novembre 2017 à 12:40 dans 2de

Climat

Par vadministrateur - publié le jeudi 16 novembre 2017 à 12:37 dans 2de

Eloquence: assemblée nationale

Par vadministrateur - publié le jeudi 16 novembre 2017 à 12:33 dans 2de

Incipit Camus

Par vadministrateur - publié le mercredi 15 novembre 2017 à 12:51 dans Textes pour l'EAF
     Aujourd’hui,  maman  est  morte.  Ou  peut-être  hier,  je  ne  sais  pas.J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain.  Sentiments  distingués.  »  Cela  ne  veut  rien  dire.  C’était  peut-être hier.
      L’asile  de  vieillards  est  à  Marengo,  à  quatre-vingts  kilomètres  d’Alger.  Je prendrai  l’autobus  à  deux  heures  et  j’arriverai  dans  l’après-midi.  Ainsi,  je  pourrai  veiller  et  je  rentrerai  demain  soir.  J’ai  demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais  pas  à  m’excuser.  C’était  plutôt  à  lui  de  me  présenter  ses  condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
     J’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude. Ils avaient tous beaucoup  de  peine  pour  moi  et  Céleste  m’a  dit  :  «  On  n’a  qu’une  mère.  »  Quand  je  suis  parti,  ils  m’ont  accompagné  à  la  porte.  J’étais  un  peu  étourdi  parce  qu’il  a  fallu  que  je  monte  chez  Emmanuel  pour  lui  emprunter  une  cravate  noire  et  un  brassard.  Il  a  perdu  son  oncle,  il  y  a  quelques mois.
    J’ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c’est  à  cause  de  tout  cela  sans  doute,  ajouté  aux  cahots,  à  l’odeur  d’essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suis assoupi.  J’ai  dormi  pendant  presque  tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j’étais tassé contre un militaire qui m’a souri et qui m’a demandé si je venais de loin. J’ai dit « oui » pour n’avoir plus à parler.
      L’asile est à deux kilomètres du village. J’ai fait le chemin à pied. J’ai voulu voir maman tout de suite. Mais le concierge m’a dit qu’il fallait que je rencontre le directeur. Comme il était occupé, j’ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlé et ensuite, j’ai vu le directeur : il m’a reçu dans son bureau. C’était un petit vieux, avec la Légion d’honneur. Il m’a regardé de ses yeux clairs. Puis il m’a serré la main qu’il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consulté un dossier et m’a dit : « Mme Meursault est entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seul soutien. » J’ai cru qu’il me reprochait quelque chose et j’ai commencé à lui expliquer. Mais il m’a interrompu : « Vous n’avez pas à vous justifier, mon cher enfant. J’ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez subvenir à ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle était plus heureuse ici. » J’ai dit : « Oui, monsieur le Directeur. » Il a ajouté : « Vous savez, elle avait des amis, des gens de son âge. Elle pouvait partager avec eux des intérêts qui sont d’un autre temps. Vous êtes jeune et elle devait s’ennuyer avec vous. »
     C’était vrai. Quand elle était à la maison, maman passait son temps à me suivre des yeux en silence. Dans les premiers jours où elle était à l’asile,  elle  pleurait  souvent.  Mais  c’était  à  cause  de  l’habitude.  Au  bout de quelques mois, elle aurait pleuré si on l’avait retirée de l’asile. Toujours à cause de l’habitude. C’est un peu pour cela que dans la dernière  année  je  n’y  suis  presque  plus  allé.  Et  aussi  parce  que  cela  me  prenait  mon  dimanche  -  sans  compter  l’effort  pour  aller  à  l’autobus,  prendre des tickets et faire deux heures de route.

Albert CAMUS, L’Etranger, I, 1, 1942


En quoi cet incipit éclaire-t-il le titre du roman ?
En quoi cet incipit est-il original ?
Meursault est-il présenté comme un anti-héros ?
Comment est construite l’ambigüité du personnage ?

Est-ce que cet incipit remplit ses fonctions ?
Comment Meursault apparaît-il comme déjà coupable ?

Discours Stockholm Camus

Par vadministrateur - publié le mercredi 15 novembre 2017 à 12:39 dans 1ère


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