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L’Evangile selon Pilate. Eric-Emmanuel Schmitt

Par stephanieblime - 10:48, jeudi 10 décembre 2009 .. Déposé dans Mes lectures .. commentaires : 0 .. Lien

L’Evangile selon Pilate

suivi du Journal d’un roman volé.

EE Schmitt

 

·        L’œuvre

 

La 4° de couverture donne un bon aperçu du livre :

« Dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l’arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l’amour et le pardon ?

Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ?

A mesure que Pilate avance dans son enquête, le doute s’insinue dans son esprit.

 

Cette nouvelle édition, revue par l’auteur, est suivie du Journal d’un roman volé, un texte inédit qui a accompagné l’écriture de L’Evangile selon Pilate. EE Schmitt y exprime son trouble, ses doutes, ses scrupules et son enthousiasme au moment de faire revivre cette figure et cette parole qui ont fondé notre civilisation occidentale.


 

 

·        Ce qui est intéressant

Ce roman raconte les événements de la fin de la vie de Jésus.

Les points de vue alternent :

-      Jésus : il exprime ses doutes, sa colère mais aussi ses convictions.

-      Claudia : c’est la femme de Ponce Pilate. Jésus la convertit. Elle permet, à son mari, d’aller vers la foi.

-      Pilate : il représente le préfet romain. Il apparaît comme une personne rationnelle et qui ne peut donc comprendre le phénomène de la Résurrection. Il s’obstine à vouloir retrouver le corps du crucifié Jésus.

Toutefois, à la fin de l’œuvre, il est en proie au doute. Il pense ne pas pouvoir croire car il n’a pas connu et surtout, il n’a pas entendu Jésus.

Sa femme conclut en lui disant : « Alors, peut-être est-ce toi le premier chrétien ».

 

·        Des liens pour mieux connaître l’œuvre

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/L’%C3%89vangile_selon_Pilate

http://www.lexpress.fr/culture/livre/l-evangile-selon-pilate_797229.html

http://www.evene.fr/livres/livre/eric-emmanuel-schmitt-l-evangile-selon-pilate-4395.php

http://www.tv5.org/TV5Site/rechercher/Evangile-selon-Pilate.html

http://livre.fnac.com/a1760427/Eric-Emmanuel-Schmitt-L-evangile-selon-Pilate?PID=1

 

·        Quelques citations d’EE Schmitt

 

http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=798

 

·        Comprendre le travail de production et de réception d’une œuvre

Voici quelques citations que j’ai sélectionnées en lisant le Journal d’un roman volé :

 

-      Ecrire :

«  Lorsque j’écris, je fais l’expérience d’une altérité. Je suis autant scribe qui écoute qu’écrivain qui crée.

J’aborde un infini, un univers sans bornes… ».

« Je tente de m’absenter du monde, et surtout de moi-même. J’essaie de descendre au fond de moi pour trouver le meilleur de moi, ce meilleur qui n’est plus moi et qui n’est pas moi… ».

« Plus j’avance dans mon œuvre, plus je constate un divorce entre mon « moi social » et mon « moi écrivain ». L’homme que je suis en société montre de la fermeté dans ses convictions ; l’écrivain que je découvre en m’abandonnant à la fiction remet ces convictions en question et doute sans cesse. Si lors d’un entretien je réponds de façon ferme à certaines interrogations, tout redevient complexe dès que je prends la plume. »

« L’écriture me conduit au partage de l’interrogation, pas à celui de ma réponse. Au plus profond de l’acte d’écrire l’œuvre commande, et je ne veux pas qu’elle soit gauchie par ma réponse.

Je n’ai jamais ambitionné de devenir un écrivain contagieux, un écrivain qui refile ses convictions aux lecteurs, un écrivain qui enseigne, qui instruit, qui se gagne des disciples. Quelle malhonnêteté ce serait ! Profiter de l’investissement émotionnel d’un roman ou d’une pièce pour manipuler l’intellect du public, c’est l’infantiliser, nier sa liberté. En réalité, je me fais une idée si haute du lecteur que je m’acharne à le respecter ; dès lors, dans mon texte, se creuse la dimension de l’autre, et apparaît le doute là où il y avait certitude.

Ecrire contraint de s’interroger. »

 

-      Le rapport au théâtre et à l’oralité :

« Je me suis consacré au théâtre, sans aucun doute ma forme d’expression spontanée. »

« Ce bureau que Flaubert appelait son « gueuloir » parce qu’il y braillait ses textes à haute voix afin de vérifier leur équilibre, j’aurais tendance, moi, à l’appeler mon « écoutoir » car je m’y tais pour tendre l’oreille à mon imaginaire. Ecrivain oral, dont les textes me sont prononcés intérieurement, je trouve légitime de les destiner à la scène où les acteurs leur redonneront voix ; en revanche, l’idée d’être lu dans le silence d’une chambre ou le brouhaha d’un salon me terrifie : va-t-on l’entendre ? »

 

-      De la difficulté d’écrire :

« De toute façon, je ne suis plus bon à rien car aussi fatigué qu’une femme qui relève de couches… »

 

-      Un prénom : Eric-Emmanuel :

« Plus étranges encore, les circonstances dans lesquelles ce nom me fut donné. Tant que je demeurai dans le ventre de ma mère, mes parents avaient prévu de m’appeler Eric. Lorsque j’apparus, il leur sembla sur-le-champ qu’Eric n’était pas suffisant, qu’Eric Schmitt ne sonnait pas juste, manquait de douceur, renvoyait à un autre physique que le mien et, là, sur la table, au milieu des sages-femmes, tandis que j’ouvrais pour la première fois les yeux sur le monde, ils créèrent ce prénom inouï que je n’ai jamais vu attribué à personne : Eric-Emmanuel ».

 

-      Un genre : le roman :

« Le roman me semble avoir une place justifiée dans cette histoire. Protégé par ce genre, protégé par l’aveu de fiction, je n’assomme pas le lecteur en lui disant « C’est vrai », seulement « C’est vraisemblable ». Je ne crie pas « Voici la vérité », juste « Voici mes hypothèses ». Mes pensées se présentent sous la forme de mensonges : une fiction. La fiction a peut-être seule le pouvoir de dire, ici, ce qui doit être dit. »

Certes, « roman » signifie subjectif, imaginaire, mais ne signifie pas irréel ni dépourvu de sens. Il est des réalités qui ne peuvent se transcrire dans aucun autre langage. Je me demande si certaines vérités ne sont pas inexprimables autrement que sous la forme d’histoires, de romans, de contes… »

 



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