Ah ! voilà de la pervenche !

Toujours la tempête

Par pvasseur - publié le dimanche 29 mars 2015 à 06:42 dans théâtre


« Avec sa volonté de propager nos origines slaves, de faire de la langue de notre foyer, de notre ferme, la langue du marché, de la ville, une langue nationale, non, une langue d’État, il ne nous a pas apporté la fête, et encore moins la joie, mais il a semé la discorde. Lui et son éternelle Yougoslavie. Il a voulu, irréfléchi comme il est, nous imposer, à tous, son rêve hautement personnel. C’est lui, là, qui sème la tempête parmi nous, la tempête du Sud, violente, qui nous endolorit le cœur et la tête, celle de par delà les Karawanken, le jauk —voyez comme il s’exprime : jauk !-, le jauk, la guerre. »

Ces paroles sont prononcées par Valentin à destination de son frère Gregor dans la pièce de Peter Handke, Toujours la tempête, qui se joue aux Ateliers Berthier du théâtre de l’Odéon jusqu’à jeudi prochain, 2 avril (http://www.theatre-odeon.eu/fr/2014-2015/spectacles/toujours-la-tempete), dans la mise en scène d’Alain Françon.

Sans doute n’aurez-vous pas l’occasion de voir le spectacle, mais, à tout le moins, vous pourrez lire la pièce, disponible dans la traduction de l’allemand d’Olivier Le Lay (http://www.lebruitdutemps.fr/_livres/Toujours%20la%20tempete/Toujourslatempete.htm ou http://www.avant-scene-theatre.com/ficheProduit.php?id_piece=1642&rubID=1&piece_titre=Toujours%20la%20temp%EAte&piece_auteur=Peter%20Handke).

Avec Peter Handke, nous abordons l’un des plus grands dramaturges vivants, même si son œuvre ne se limite pas à l’écriture dramatique. C’est pourtant sur cette dernière que nous porterons notre attention aujourd’hui.

Pour vous qui avez étudié la tragédie classique, vous serez sans doute déconcertés par le renouvellement du genre. Vous savez en effet que, chez les Grecs, les didascalies sont absentes pour la bonne raison que le dramaturge est aussi le metteur en scène. À l’époque classique, les didascalies sont encore limitées, mais elles vont au fil des siècles connaître une inflation, au point que certaines pièces contemporaines sont constituées uniquement de didascalies (Beckett, Actes sans paroles). Or chez Peter Handke, la seule didascalie repérable est la liste des personnages au début de la pièce, ainsi que la mention des actes. Pour le reste, il s’agit d’un long texte qui se présente comme un récit : les personnages prennent certes la parole, mais au sein d’un texte pris en charge par un narrateur, à la fois personnage « Moi ». Il faut donc dépasser cet étonnement face à un texte qui échappe à une classification académique.

Ainsi la pièce est constituée de cinq parties/actes, comme une tragédie classique. La tragédie précisément, voici ce qu’en dit le père : « Tragédie, Tragödie : je ne veux plus entendre parler de ce mot-là ! […] Rien n’est plus contraire à notre peuple que la tragédie. Une « tragédie » ? Connais pas. Sitôt qu’il nous arrivait quelque chose de tragique : passons aussitôt à autre chose. […] Notre peuple se nomme souvent, bien trop souvent, peuple de souffrance ? Oui, mais la souffrance, et la douleur, elles n’ont rien de tragique ? Notre histoire ici n’a rien d’une tragédie. Toute tragédie présuppose l’agir, l’action, d’une façon ou d’une autre. Et notre nature depuis toujours est anti-tragique, et par conséquent, avec le temps, hostile à l’action. »

Vous entendez dans ces propos un écho à la Poétique d’Aristote : « C’est une imitation faite par des personnages en action, et non par le moyen de la narration ». Au passage, vous comprenez également que l’écriture de Handke s’affranchit de la définition aristotélicienne, puisqu’elle passe par une narration.

Venons-en à présent à l’auteur, puisque sa pièce est d’inspiration autobiographique (cf. personnage « Moi »). On sait que Peter Handke n’a pas connu son père allemand et qu’en conséquence sa quête d’identité se tournera vers sa mère slovène. C’est d’ailleurs le sujet de la pièce, puisque les personnages sont tous de sa famille maternelle. Identité complexe, puisque cette famille vit en Carinthie, Land autrichien avec une minorité slovène. Cette quête des origines passe donc aussi par une réflexion sur la langue : la pièce est d’ailleurs émaillée de mots slovènes.

Pour conclure (provisoirement), voici à présent quelques liens qui vous aideront à vous faire une idée sur la pièce, telle qu’elle est jouée aux Ateliers Berthier :


La Cerisaie

Par pvasseur - publié le mercredi 18 mars 2015 à 22:21
Cette année encore, Lev Dodine, le directeur du Maly Drama Théâtre de Saint-Petersbourg, nous offre une mise en scène de Tchekhov : La Cerisaie.
Une sortie théâtrale est proposée le jeudi 16 avril 2015 à 20 h 30 au théâtre Le Monfort (http://www.lemonfort.fr/agenda-programme/la-cerisaie).

La participation est de 7 € par chèque exclusivement, à l’ordre du théâtre Silvia Monfort.

La représentation aura lieu de 20 h 30 à 23 h 30 environ et le rendez-vous sera fixé une demi-heure avant le début du spectacle (20 h).

La Duchesse de Varsovie

Par pvasseur - publié le samedi 7 mars 2015 à 22:24 dans seconde 3


Il sera question de cinéma aujourd’hui dans ce billet de blog. Aucun rapport direct avec le programme de littérature, mais un écho à la journée de la mémoire des génocides, le 27 janvier 2015.


La protagoniste, Nina, est en effet une rescapée des camps, Auschwitz d’abord, puis Bergen-Belsen. Face à l’indicible, elle s’est tue pendant soixante-dix ans. Mais une nuit d’insomnie, elle appelle Valentin, son petit-fils, avec lequel elle entretient une tendre complicité. Cette nuit-là les souvenirs remontent à la surface et, à partir du récit écrit qu’elle en avait fait retour des camps, elle raconte ce qu’elle a vécu en Pologne à partir de l’occupation allemande : l’instauration des ghettos, puis la déportation ; les camps de travaux forcés, etc.


Pour autant, le film, première fiction de Joseph Morder, n’entretient pas un climat doloriste. Comme dans la lettre d’Anna Semionovna Strum, c’est la vie qui l’emporte et Nina veut transmettre à son petit-fils cette nécessité de vivre qui l’a guidée à travers les épreuves. En outre le dispositif rohmérien du film (décors peints comme dans Perceval ou L’Anglaise et le duc), ainsi que son interprétation (Andy Gillet qui fut Céladon chez Éric Rohmer et Alexandra Stewart qui joua chez Truffaut, Malle ou Deville) lui confèrent de réelles qualités cinématographiques.


Le film n’est diffusé que dans cinq salles à Paris. Il est donc urgent de le voir.

Vous trouverez des informations supplémentaires concernant ce film, notamment une revue de presse, au lien suivant : http://www.lacid.org/-La-Duchesse-de-Varsovie-470-

Bérénice

Par pvasseur - publié le mardi 16 décembre 2014 à 10:40


Abordons aujourd’hui le deuxième objet d’étude au programme de la classe de seconde : «La tragédie et la comédie au XVIIe siècle : le classicisme».

L’approche du genre dramatique n’est pas nouvelle pour les élèves de seconde. Chaque année de leur scolarité au collège, ils ont en effet été confrontés à une ou plusieurs œuvres théâtrales. Les dramaturges au programme de la classe de seconde sont d’ailleurs ceux que prescrivent les programmes du collège : Corneille, Molière et Racine.

Le programme de seconde met l’accent sur le courant littéraire qui rassemble ces trois auteurs : le classicisme, et sur la distinction entre deux genres dramatiques : la comédie et la tragédie.

Dans la perspective du programme de première, il conviendra en outre d’être attentif à la dimension de représentation : le théâtre est d’abord étymologiquement ce qui est donné à voir (θέατρον vient du verbe θέαομαι, contempler, être spectateur). C’est ainsi que cette année les élèves sont invités à assister à l’une des représentations d’une comédie de Molière données à la Comédie-Française : Dom Juan, George Dandin, Le Misanthrope ou Tartuffe.

Après une introduction aux sources du théâtre avec Oedipe roi de Sophocle, les élèves étudieront Bérénice de Racine et liront parallèlement Britannicus.


Paul, citoyen romain

Par pvasseur - publié le dimanche 5 octobre 2014 à 03:10 dans latin


Dans le dernier discours de la Seconde action contre Verrès, « De suppliciis », Cicéron nous peint le supplice d’un citoyen romain, P. Gavius. Il est d’ailleurs à noter que P. Gavius n’est citoyen romain que depuis peu. Originaire de Compsa, ville du Samnium, il doit en effet l’acquisition de la citoyenneté romaine à la lex Plautia Papiria (http://droitromain.upmf-grenoble.fr/Leges/plautia_papiria.htm) de 89 avant J.-C. qui étend la civitas à tous les peuples d’Italie au sud du Pô ; mettant ainsi fin à la guerre sociale.
Pour en savoir plus sur les droits et devoirs du citoyen : http://www.antiquite.ac-versailles.fr/citoyen/cives0.htm

Verrès a enfreint les prescriptions de deux lois protégeant l’intégrité physique du citoyen romain : la lex Porcia (198-184 avant J.-C. ; http://droitromain.upmf-grenoble.fr/Leges/Porcia1.html) et la lex Sempronia de capite civis Romani (123 avant J.-C. ; http://droitromain.upmf-grenoble.fr/Leges/sempronia_capite.htm).

Le citoyen supplicié manifeste sa grandeur morale en n’exprimant aucune plainte et en se contentant de prononcer ces paroles : « Civis Romanus sum ! ».

Ce sont ces mêmes paroles que Paul de Tarse (voir sa notice biographique en latin : http://la.wikipedia.org/wiki/Paulus_Tarsensis) prononcera à Philippes en Macédoine :

« Ὁ δὲ Παῦλος ἔφη πρὸς αὐτούς, Δείραντες ἡμᾶς δημοσίᾳ, ἀκατακρίτους, ἀνθρώπους Ῥωμαίους ὑπάρχοντας, ἔβαλον εἰς φυλακήν, καὶ νῦν λάθρᾳ ἡμᾶς ἐκβάλλουσιν; Οὐ γάρ: ἀλλὰ ἐλθόντες αὐτοὶ ἐξαγαγέτωσαν. » / «Mais Paul dit aux licteurs : Après nous avoir battus de verges publiquement et sans jugement, nous qui sommes Romains, ils nous ont jetés en prison, et maintenant ils nous font sortir secrètement ! Il n’en sera pas ainsi. Qu’ils viennent eux-mêmes nous mettre en liberté. »

« Ἀνήγγειλαν δὲ τοῖς στρατηγοῖς οἱ ῥαβδοῦχοι τὰ ῥήματα ταῦτα: καὶ ἐφοβήθησαν ἀκούσαντες ὅτι Ῥωμαῖοί εἰσιν, » / « Les licteurs rapportèrent ces paroles aux préteurs, qui furent effrayés en apprenant qu’ils étaient Romains. »

(Actes des apôtres, chapitre XVI, versets 37-38 – http://ba.21.free.fr/ntgf/actes/actes_16_gf.html).

Paul se retrouvera dans la même situation à Jérusalem aux chapitres XXI et XXII des Actes des apôtres. À la question du tribun Claude Lysias, « Λέγε μοι, εἰ σὺ Ῥωμαῖος εἶ; »/ « Dis-moi : tu es romain ? » (verset 27), Paul répond par l’affirmative et chacun explique comment il a acquis la civitas : « Ἀπεκρίθη τε ὁ χιλίαρχος, Ἐγὼ πολλοῦ κεφαλαίου τὴν πολιτείαν ταύτην ἐκτησάμην. Ὁ δὲ Παῦλος ἔφη, Ἐγὼ δὲ καὶ γεγέννημαι. » / « Le tribun reprit : C’est avec beaucoup d’argent que j’ai acquis ce droit de citoyen. Et moi, dit Paul, je l’ai par ma naissance. » [N.B. : dans le texte grec, chiliarque correspond au tribun d’une cohors milliaria (mille soldats)].

Nous avons là un témoignage de deux autres modes d’acquisition de la citoyenneté avant l’édit de Caracalla (212) qui fait de tous les habitants libres de l’Empire des citoyens romains :

  • l’achat (cas de Claude Lysias)
  • ou l’octroi à un notable riche et influent (cas de Paul).
C’est en tout cas l’hypothèse de Marie-France Baslez, auteur d’une biographie de Paul (http://www.fayard.fr/saint-paul-9782818502631) :

« À l’époque un privilège [l’acquisition de la civitas] tout à fait exceptionnel, qui ne pouvait être octroyé qu’à des Orientaux notables, riches et influents. Le contexte est particulier, c’est celui des guerres civiles, qui opposèrent en Orient César et Pompée, Antoine et Octave. Des inscriptions et des papyrus le signalent : ces imperatores ont eu besoin localement de notables pour leur fournir du ravitaillement, des petits bateaux, des équipages. Pas seulement des notables grecs, mais des Syriens ou des Juifs. On les récompensa en leur donnant la citoyenneté romaine. On peut donc penser que ce fut le cas du grand-père ou du père de Paul et que celui-ci était né Cn. Pompeius Saulos, ou C. Julius Saul ou M. Anntonius Saul. » (http://www.terreentiere.com/MEDIAS/pdf/croisieres/M_F_Baslez_Paul_un_homme_empire.pdf).


Dans son roman, Le Royaume, Emmanuel Carrère reprend l’épisode de Philippes : « Le ressort de cette scène de comédie est la citoyenneté romaine de Paul qui, d’abord ignorée par les magistrats de Philippes, les convainc lorsqu’ils l’apprennent de s’être mis dans un mauvais pas. […] » (p. 191).


Notez enfin que l’auteur du Royaume rencontrera ses lecteurs à la librairie Compagnie (58 rue des Écoles, Paris Ve - http://www.librairie-compagnie.fr/), mardi prochain, 7 octobre à 18 h 30 (http://www.pol-editeur.com/editions-pol-agenda.html).



premier objet d’étude

Par pvasseur - publié le samedi 13 septembre 2014 à 10:33 dans seconde 3

Abordons aujourd’hui le premier objet d’étude au programme de la classe de seconde : «Le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme».

Il s’inscrit dans le prolongement de l’étude du récit au XIX° siècle au programme de la classe de quatrième. C’est ainsi que certains élèves ont mentionné sur leur fiche avoir lu l’un de ces romans :


  • Balzac, Le colonel Chabert

  • Balzac, La peau de chagrin

  • Flaubert, Madame Bovary

  • Maupassant, Bel-Ami

  • Maupassant, Le Horla

  • Stendhal, Le Rouge et le Noir

  • Zola, L’Assommoir

  • Zola, Au bonheur des dames

  • Zola, Germinal

  • Zola, Thérèse Raquin


Cette liste peut d’ailleurs constituer une invitation à la lecture pour ceux qui ne connaîtraient aucun de ces auteurs.

Si je devais faire part de mes goûts personnels, j’établirais une liste de cinq romans que j’apprécie particulièrement :

  • Balzac, La duchesse de Langeais
  • Balzac, Le lys dans la vallée
  • Balzac, Illusions perdues et Splendeurs et misères des courtisanes (il s’agit d’un diptyque)
  • Stendhal, La Chartreuse de Parme


L’ouvrage retenu cette année pour une étude en œuvre intégrale est : La recherche de l’absolu (collection Folioplus classiques, éditions Gallimard :

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folioplus-classiques/La-Recherche-de-l-Absolu).

conseils de lecture (suite et fin)

Par pvasseur - publié le samedi 5 juillet 2014 à 10:10 dans conseils de lecture


Beaucoup se seront lassés de consulter mon blog, désespérément muet en ces temps d’Épreuves Anticipées de Français.

Voici donc mon dernier billet de la saison, consacré au dernier objet d’étude de la classe de première :

«La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIe siècle à nos jours»

L’objectif est, nous disent les instructions officielles (http://www.education.gouv.fr/cid53318/mene1019760a.html), « de permettre aux élèves d’accéder à la réflexion anthropologique dont sont porteurs les genres de l’argumentation afin de les conduire à réfléchir sur leur propre condition. On contribue ainsi à donner sens et substance à une formation véritablement humaniste. »


Voici donc une dizaine de conseils de lecture. Vous disposerez ainsi d’une quarantaine de titres pour occuper vos quatre-vingt-dix jours de vacances.


Bonnes lectures et bonnes vacances.


Dire l’amour

Par pvasseur - publié le mercredi 18 juin 2014 à 08:59 dans conseils de lecture

Elsa Triolet et Louis Aragon

«Et tant je t’aime que j’en tremble»


En abordant le troisième objet d’étude au programme de la classe de première, «Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours», j’ai une pensée pour vos camarades qui ont passé hier l’écrit des Épreuves Anticipées de Français. C’est en effet cet objet d’étude qui a été proposé aux élèves des séries ES et S, autour d’un corpus de trois poèmes : Victor Hugo, Les contemplations, II, «Crépuscule» ; Claude Roy, À la lisière du temps, «L’inconnue» et Louis Aragon, Le Fou d’Elsa, «Vers à danser».

Arrêtons-nous aujourd’hui sur ce dernier poème.

Les instructions officielles notent : "Pour donner une idée de la diversité des formes et des genres poétiques, le professeur peut ancrer son étude sur quelques grands « lieux » de la poésie - dire l’amour, dire la mort, […]".

Aragon a merveilleusement dit l’amour et ses poèmes ont souvent été mis en musique et chantés. C’est donc à l’un des interprètes d’Aragon que je veux rendre hommage en vous invitant à écouter Jean Ferrat chantant «Vers à danser» : http://www.youtube.com/watch?v=BsylPXd1iRU

Quant au sujet et à une proposition de corrigé, vous les trouverez par exemple au lien suivant : http://etudiant.lefigaro.fr/orientation/actus-et-conseils/detail/article/sujets-et-corriges-de-l-epreuve-de-francais-des-bacs-s-et-es-5906/

  • Charles d’Orléans, Ballades et rondeaux (1450-1465) ;

  • Villon, Ballade des pendus (vers 1460) ;

  • du Bellay, Les Regrets ou Les Antiquités de Rome (1558), pour prolonger le voyage à Rome ;

  • Ronsard, Sonnets pour Hélène (1578) ;

  • Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques (1616) ;

  • La Fontaine, Fables (1668-1694) concernent également le dernier objet d’étude, «La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIe à nos jours» ;

  • Hugo (étudié cette année) ;

  • Lamartine, Méditations poétiques (1820) ;

  • Nerval, Les Chimères (1854) ;

  • Baudelaire, Les fleurs du Mal (1857) ;

  • Vigny, Les destinées (1864) ;

  • Verlaine, Poèmes saturniens (1866) ;

  • Rimbaud, Poésies (1870-71) ;

  • Claudel, Cinq grandes odes (1911) ;

  • Apollinaire, Alcools (1913).


Pour avoir un aperçu de certains auteurs, vous pouvez également vous plonger dans une anthologie.


Liste à compléter pour les XXe et XXIe siècles.

conseils de lecture (théâtre)

Par pvasseur - publié le dimanche 15 juin 2014 à 12:48 dans conseils de lecture


Abordons aujourd’hui un deuxième objet d’étude au programme de la classe de première : «Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIe siècle à nos jours».

Ainsi que vous le constatez, il inclut la période spécifiquement au programme de seconde : le classicisme. Voici ce qu’indiquent les instructions officielles : «L’objectif est de faire découvrir des œuvres théâtrales qui renouvellent les formes classiques étudiées en seconde».

Vous pouvez donc profiter de l’été pour approfondir votre connaissance du classicisme : lire une comédie de Racine (Les plaideurs) ou de Corneille ; voire une tragédie de Corneille. Mais surtout découvrir comment les siècles suivants renouvelleront le genre dramatique. Voici donc une dizaine de pièces dont je vous conseille la lecture :

  • Marivaux, Le jeu de l’amour et du hasard (1730), dont vous pourrez voir une adaptation par Valérie Donzelli, jeudi prochain, 19 juin, sur Arte (http://www.arte.tv/guide/fr/048087-000/que-d-amour) ;

  • Beaumarchais, La Folle journée, ou le Mariage de Figaro (1778) ;

  • Hugo, Hernani (1830), qui se joue jusqu’au 6 juillet au Vieux-Colombier (http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=1122&id=518) ;

  • Musset, On ne badine pas avec l’amour (1834) ;

  • Rostand, Cyrano de Bergerac (1897), qui se joue jusqu’au 28 juin à l’Odéon (http://www.theatre-odeon.eu/fr/2013-2014/spectacles/cyrano-de-bergerac, mais attention aux mouvements de grève : représentation annulée mardi prochain) ;

  • Claudel, Le soulier de satin (1943) ;

  • Sartre, Huis clos (1943), qui se jouera la saison prochaine au théâtre de Poche - Montparnasse (http://www.theatredepoche-montparnasse.com) ;

  • Montherlant, Port-Royal (1954) ;

  • Koltès, La nuit juste avant les forêts (1977) ;

  • Duras, Savannah Bay (1982) ;

  • Lagarce, Juste la fin du monde (1990).

Encore La Princesse de Clèves !

Par pvasseur - publié le jeudi 12 juin 2014 à 10:53 dans conseils de lecture


De quoi parlait la presse en 1678 ? De La Princesse de Clèves ! Autre temps, autres moeurs !
Voici la présentation que les éditions Gallimard font du débat qui agita alors Le Mercure galant (revue de l’époque) :
"C’est naturellement La Princesse de Clèves qui suscite le débat le plus véhément. Mme de Clèves a-t-elle eu raison d’avouer au prince son mari qu’elle était amoureuse de M. de Nemours ? Le Mercure organise une enquête publique sur ce point. Le genre de l’ouvrage est mis en question. Roman d’imagination, roman historique, roman galant ? La querelle fait rage entre les Anciens et les Modernes. Le livre inaugure un nouveau genre. Jugé invraisemblable, il donne lieu à une véritable entreprise de réécriture, que motivent l’étonnement suscité par le récit, les silences que l’on y perçoit, l’insatisfaction quant au sort de l’héroïne." (http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres-completes129)

Cette présentation s’inscrit dans le cadre de la publication, dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque de la Pléiade, des oeuvres complètes de Mme de Lafayette. L’édition en a été confiée à une jeune Maître de Conférences de l’université d’Orléans : Camille Esmein-Sarrazin.
Cette dernière était hier l’invitée de Jean Lebrun pour son émission La marche de l’histoire ; à écouter en suivant le lien suivant : http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-la-princesse-de-cleves Elle y qualifie La Princesse de Clèves de "premier roman moderne".

Page précédente | Page 2 sur 7 | Page suivante
«  Décembre 2017  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Liens

Derniers commentaires

- <%RecentCommTitle%>

Canal RSS

Abonnement




Hit-parade